De Apollinaire à Zola, le «Dictionnaire des écrivains gastronomes»

À la table de James de Coquet, tout le monde se tient bien. Pas de goinfres, ni de rustres, tous les gourmets ont leur rond de serviette. | Nadia Valko via Unsplash
À la table de James de Coquet, tout le monde se tient bien. Pas de goinfres, ni de rustres, tous les gourmets ont leur rond de serviette. | Nadia Valko via Unsplash

On se régale en dévorant cet ouvrage de Jean-Baptiste Baronian qui fait aimer la bonne chère à travers les propos de ces géants des lettres, de Charles Baudelaire à Émile Zola en passant par Georges Simenon, Régine Desforges… Tout un programme. Suivez le guide.

Guillaume Apollinaire (1880-1918)

Emporté par la grippe espagnole à l'âge de 38 ans, l'écrivain poète éprouvait un vif plaisir à bien traiter ses visiteurs: maître queux aux dîners magnifiques, amateur de cuisine savoureuse, de plats cuits longtemps, bien assaisonnés, un modèle de gourmet.

Un repas pour lui est comme un orchestre avec ses accords, ses ensembles, ses fortissimos: la bouillabaisse des gourmets, les filets de sole Nausicaa et les verres de Sauternes, la tourte d'anguille aux laitances, les perdreaux rouges… «Que des magnificences», écrit le poète, coauteur de L'Heptaméron des gourmets, 620 folies sensuelles: un ouvrage à placer dans sa bibliothèque.

Honoré de Balzac (1799-1850)

Il mangeait avec une joviale gourmandise, il ingurgitait quatre bouteilles de vin blanc et du café qui le torréfiait intérieurement, bu des nuits entières qu'il décrit dans le Traité des excitants modernes (1839) en même temps qu'il dégustait des timbales aux champignons, des omelettes et les spécialités de Touraine où il a vécu et écrit.

Aussi des rillons, rillettes, canetons à la dodine, pâtés de lièvre, pieds de porc, des excitants modernes de «gastrolâtrie» et des réjouissances gastronomiques. Oui, des repas plantureux et beuveries rabelaisiennes, sans oublier le champagne qu'il ne faut boire qu'à partir de 7h du soir: «Il favorise la conversation et excite le rire.»

Buveur invétéré, l'écrivain cite les vins d'Italie, de Suisse, de Hongrie, du Portugal, d'Espagne, de Grèce, d'Amérique du Sud: véritable encyclopédiste de la bonne chère et des flacons...

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