Apnée du sommeil : de la kiné pour muscler la langue

BURGER / PHANIE

Une équipe de praticiens propose une rééducation du muscle de la bouche afin de dégager les voies respiratoires obstruées à l'origine de ce trouble du sommeil. Reportage dans une clinique spécialisée à Bordeaux.

Cet article est extrait du mensuel Sciences et Avenir - La Recherche n°905-906, daté juillet-août 2022.

Retrouver un sommeil réparateur en… musclant sa langue. Surprenante, cette approche est utilisée dans la nouvelle clinique Bel Air à Bordeaux, dans la prise en charge des patients atteints du syndrome d'apnées et hypopnées obstructives du sommeil (SAHOS). La démarche consiste à muscler régulièrement cet organe composé de dix-sept muscles par des exercices adaptés dits de thérapie myofonctionnelle, une technique spécialisée peu pratiquée en France car encore peu enseignée à ce jour.

"Cette kinésithérapie est pourtant un véritable traitement, insiste d'emblée le Dr Marc Sapène. C'est pourquoi ici les patients voient très tôt les rééducateurs formés à ces techniques, ce qui permet de les rendre actifs dans leur prise en charge. " Le pneumologue a créé il y a près de dix ans le Pôle d'exploration des apnées du sommeil (PEAS) avec un confrère cardiologue, Vincent Puel, pour mieux accompagner les personnes touchées par ce syndrome, décrit pour la première fois dans les années 1970 par un neurologue marseillais, Christian Guilleminault.

Ici, une dizaine de spécialistes (pneumologues, cardiologues, kinésithérapeutes, diététiciennes, généralistes, techniciens du sommeil, psychiatres, infirmières, dentistes, orthodontistes, chirurgiens…) interviennent de manière concertée en visant un objectif : une prise en charge sur mesure, adaptée au profil de chacun, selon les circonstances de découverte des apnées. Le ronflement est par exemple un motif fréquent de consultation, mais il est loin d'être systématique. Parfois, "la maladie se révèle par une complication cardio-vasculaire ou la survenue d'une syncope vagale ", détaille Vincent Puel qui a récemment mis sur pied avec quatre autres centres (Grenoble, Marseille, Monaco, Saint-Étienne) le premier registre répertoriant ces malaises et incluant 56 patients.

La gravité des apnées du sommeil découle des microréveils nocturnes, don[...]

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