Les APIdays : fêtons les abeilles, sentinelles de la biodiversité

Les APIdays : fêtons les abeilles, sentinelles de la biodiversité

Trois jours pour sensibiliser les Français aux menaces qui pèsent sur les abeilles et l'apiculture : c'est l'ambition de la 13ème édition des APIdays en France, qui aura lieu les 23, 24 et 25 juin. Cet évènement est l'occasion de faire un retour sur l'impact de la mortalité des abeilles, dont les ruches peinent à se remplir.

En juin, l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf) alertait des conséquences du changement climatique sur les abeilles. Henri Clément, apiculteur et porte-parole de l'Unaf, rappelait l'urgence de prendre au sérieux la mise en danger des insectes pollinisateurs : "Au-delà des menaces qui pèsent sur l'apiculture depuis des années - impact des pesticides, monoculture, disparition des haies, frelon asiatique, varroa (un parasite) -, on a un autre défi, celui du bouleversement climatique", confiait-il à l'AFP.

Face aux vagues de sécheresses qui s'abattent sur la France, l'inquiétude des apiculteurs s'accentue. Les ruches, touchées par les multiples dégâts du changement climatique dont les incendies, la grêle et les inondations, souffrent de l'insuffisance de production de nectar chez les plantes.

Yves Logghe/AP
des abeilles domestiques et la reine sont assises sur un rayon de miel à Wezembeek-Oppem, près de Bruxelles (avril 2013). - Yves Logghe/AP

Une situation alarmante pour les apiculteurs

20 000 espèces d'abeilles survolent le monde : ensemble, elles assurent 35% de nos ressources alimentaires par la pollinisation. Mais en France, le taux de mortalité des ces insectes s'élève à 30% par an, selon le porte-parole de l'Unaf. Henri Clément constate des récoltes irrégulières, qui s'aggravent avec la crise climatique.

Et la vie des apiculteurs professionnels, dont 60 000 sont recensés en France, est directement influencée par ces récoltes qui déclinent : Henri Clément souligne que "les apiculteurs, pour maintenir leur cheptel, sont obligés de les reconstituer avec un surcroît de travail et un surcoût". L'année 2021 a atteint des records en France : elle a été qualifiée de pire année en termes de récolte pour l'apiculture française.

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Un apiculteur déplace un cadre d'une ruche dans un rucher à Milan, en Italie (avril 2021). - Luca Bruno/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved

Afin d'aider les agriculteurs en difficulté, l'État propose un dispositif de calamité agricole : il consiste en l'attribution d'une indemnité financière pour les exploitations agricoles ayant subi une perte de récolte d'origine climatique.

Tout exploitant peut bénéficier de cette aide, sous certaines conditions. Concernant les apiculteurs, seuls ceux qui possèdent plus de 50 ruches peuvent faire appel à ce dispositif. Mais, selon l'AFP, 90% des agriculteurs français possèdent moins de 10 ruches et ne peuvent donc pas bénéficier de cette subvention.

Quand la biodiversité dépend des insectes pollinisateurs

Selon un rapport de l'Institut de recherche de l'agriculture biologique (FIBL), "78% des espèces de plantes à fleurs des latitudes tempérées ont besoin des insectes pour leur pollinisation". Et 80% des espèces de plantes cultivées les plus importantes pour l'agriculture sont entièrement dépendantes des pollinisateurs. À titre d'exemple, la pollinisation par les insectes représentait 8,8% de la production végétale dans l'Union européenne, de 2014 à 2018. Sans les abeilles et leurs congénères, l'agriculture et ses rendements sont menacés.

Par an, la valeur économique mondiale de la contribution des insectes pollinisateurs à l'agriculture est estimée à 153 milliards d'euros. Cette contribution s'élève annuellement à 15 milliards d'euros en Europe et se situe entre 2,3 et 5,3 milliards à l'échelle d'un pays comme la France.

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Un apiculteur tient une reine des abeilles dans un rucher à Milan, en Italie (avril 2021). - Luca Bruno/Copyright 2021 The Associated Press. All rights reserved

Veiller sur les insectes butineurs s'avère donc primordial. Pour évaluer l'état de santé des abeilles, un partenariat européen a été mis en place en 2017 suite à une collaboration entre des apiculteurs, des scientifiques et des ONG. Cet outil permet d'obtenir une meilleure collecte et un meilleur partage des données sur ces insectes.

Fruit de ces réunions, la plateforme en ligne EU Bee Partnership a permis de rassembler ces informations et d'élaborer une carte de l'Europe, qui décrit la démographie des abeilles, leur état de santé et les données socio-économiques annuelles des productions de cire et de miel.

Préserver les abeilles et les ruches par la technologie

Pour réduire la mortalité de ces alliées indispensables de l'agriculture, certains optent pour une surveillance accrue à l'aide de la technologie. En Israël, la start-up nationale Beewise construit des ruches robotisées qui surveillent les abeilles 24 heures sur 24. Un robot, installé à l'intérieur des ruches contrôle leur habitat et leur procure des soins grâce à l'intelligence artificielle. Sucre, eau, médicaments... sont distribués par ce robot, capable d'alerter l'apiculteur via une application.

Dans le même objectif que Beewise, l'application tunisienne Smart Bee permet aux apiculteurs de surveiller leurs abeilles, d'éviter la surmortalité et d'optimiser la production de miel. Les capteurs, posés à l'intérieur de la ruche, mesurent l'humidité, la température et sont également dotés d'un localisateur GPS pour éviter les vols de ruches.

Car, depuis quelques années, un phénomène de vol de ces maisons d'essaims émerge. Selon le Syndicat national d'apiculture (SNA) français, les vols de ruches ont augmenté de 50% en 2021 en France, ce qui représente plus de 600 ruches subtilisées. En avril, un vol de ruche dans le nord de la France avait coûté la vie à plus d'un million d'abeilles. Les apiculteurs font donc appel à la technologie et s'équipent désormais de caméras de surveillance pour lutter contre les vols et les pillages.

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