Aperçu : La Saison 2 de Drive to Survive sur Netflix

Luke Smith

Une des différences les plus marquantes entre la Formule 1 avant et après la reprise par Liberty Media en 2017 est son approche des médias, représentée évidemment par la série Drive to Survive produite par Netflix. L'accès aux coulisses de la F1, à un niveau jamais vu auparavant, a fait de la première saison du programme un véritable succès. Elle a ouvert le monde de la course à un public plus large et plus jeune, convertissant des observateurs curieux en nouveaux fans. Et pour ceux qui suivaient déjà la F1, cela a permis de mettre en lumière l'aspect humain de ses acteurs hors de la piste.

Drive to Survive revient pour une seconde saison le 28 février, avec dix autres épisodes, dont deux ont été vus par Motorsport.com et d'autres médias lors d'un événement à Londres, plus tôt ce mois-ci. Le plus grand changement pour la Saison 2 de Drive to Survive est l'ajout de Mercedes et Ferrari, qui n'étaient pas présents dans la première. Tournant autour du Grand Prix d'Australie, le premier épisode "Lights Out" ne laisse aucun doute quant à leur implication. La première personne visible à l'écran est le directeur de la Scuderia, Mattia Binotto, tandis que apparaissent aussi en début d'épisode.

Motorsport.com

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L'épisode "Lights Out" offre une belle continuité avec la Saison 1, qui avait suivi pendant plusieurs épisodes la décision de Ricciardo de quitter Red Bull pour Renault. Ses débuts difficiles pour l'équipe française en Australie sont contrastés par l'accent mis sur Red Bull et .

Le montage et la production de la série sont de nouveau impressionnants. Mercedes et Ferrari font partie du programme, mais les deux ont limité l'accès de Netflix à certaines courses sélectionnées. De manière poétique, Mercedes a choisi le Grand Prix d'Allemagne, théâtre de son pire week-end de l'année 2019. Les observateurs avertis remarqueront rapidement que de nombreuses images de Hamilton, Vettel, Bottas et autres ne viennent que d'une poignée de paddocks et de courses, essentiellement Hockenheim et Austin, mais la manière dont c'est réparti dans les épisodes ne permettra pas aux spectateurs occasionnels de le noter.

Et c'est là qu'est le cœur de la série : l'amateur et le fan occasionnel. Comme dans la Saison 1, il y a une certaine liberté créative pour façonner des histoires encore plus palpitantes. Par exemple, le dépassement de Verstappen sur Vettel en Australie est montré comme se déroulant dans le dernier tour, alors qu'il a eu lieu à 24 tours de la fin de course. Cela pourrait agacer les fans de F1 les plus passionnés, de la même manière que la décision concernant les pilotes Racing Point pour 2019 était faussée dans la première saison, mais c'est le prix à payer pour proposer une histoire plus solide pour un public plus large.

En compensation de ces entorses, les fans trouveront les détails qu'ils aiment et un accès unique à la F1. Parmi ces détails parfois montrés de manière désinvolte, on voit notamment Christian Horner confirmant que Verstappen avait une clause de sortie dans son contrat Red Bull, tandis que d'autres deviennent le sujet d'un épisode entier. Il n'y a pas de meilleur exemple que "Boiling Point", le second épisode aperçu, qui montre les difficultés rencontrées par Haas à la mi-saison, ainsi que les tensions entre ses pilotes et la fin de la saga Rich Energy lors du Grand Prix de Grande-Bretagne.

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Günther Steiner avait été la révélation de la Saison 1, et l'attention qui lui est portée pour le retour de la série n'est pas une surprise. Mais il n'y a pas de signes d'un Steiner qui profiterait des caméras et capitaliserait sur sa nouvelle célébrité. L'Italien reste authentique et honnête, et l'un des moments les plus touchants le montre en train de cuisiner et dîner avec sa femme et sa fille. Une scène qui fait retomber une tension croissante au fil d'un épisode explosif.

La chronologie des épisodes navigue en avant et en arrière, notamment en ce qui concerne Haas. On assiste à la remontée de jusqu'à la sixième place en Australie, avant de revenir au lancement avec Rich Energy un mois plus tôt, puis de repartir en milieu de saison, en Autriche et à Silverstone. Les fans de F1 qui connaissent le calendrier pourront suivre sans mal, mais cela pourrait être plus difficile pour les moins assidus.

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Mais le succès de la série repose de nouveau sur la représentation des personnages qui composent le paysage de la discipline. Il y a de belles interactions entre Steiner et l'ingénieur de Haas, Ayao Komatsu, lorsqu'ils essaient de comprendre les performances catastrophiques de la monoplace et ne cessent de changer de spécification de la voiture. Finalement, ils décident de revenir au package utilisé en Australie, pour que l'on assiste à un accrochage entre Grosjean et Magnussen.

Le faste de l'arrivée de Mercedes dans la série est rapidement désamorcé lorsque Lewis Hamilton et Toto Wolff oublient tous les deux le nom officiel de l'équipe, ce dont Valtteri Bottas parvient à se rappeler. Christian Horner joue de nouveau le rôle du méchant dès le début du premier épisode, le même qu'il occupait déjà en Saison 1, lorsqu'il assure que Ricciardo "a fui le combat" en quittant Red Bull pour Renault. Cet aperçu de deux épisodes est un avant-goût de ce qui nous attend dans la Saison 2 de Drive to Survive, mais il est déjà la preuve du succès qu'a été la première saison. Ce second volet sera de nouveau passionnant à regarder pour tous les fans de F1, quel que soit leur niveau de connaissance.