Apaiser ou attaquer? Le RN peine à établir une stratégie face à Éric Zemmour

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Marine Le Pen se veut sereine face à la menace Eric Zemmour.  - Alain Jocard
Marine Le Pen se veut sereine face à la menace Eric Zemmour. - Alain Jocard

Après avoir feint l'indifférence, l'heure est à la contre-attaque pour le Rassemblement national. Plusieurs poids lourds du parti étaient dans les matinales ce lundi matin pour appeler Éric Zemmour à retirer sa candidature, tout en soulignant leurs points de convergence.

"Il ne faut pas diviser les forces du camp national. (...) Se battre entre nous n'a aucun sens", a ainsi expliqué le député RN Sébastien Chenu ce matin sur franceinfo.

"Une volonté de rassemblement"

Même son de cloche du côté de Louis Aliot. "Il y a un terrain d'entente, une volonté - en tout cas, en ce qui nous concerne - de rassemblement", a assuré le maire de Perpignan sur CNEWS.

Ces propos peuvent étonner alors qu'il y a encore quelques jours le parti tapait tous azimuts sur l'essayiste. A commencer par Jordan Bardella, le président par intérim, qui tenait un tout autre langage la semaine dernière.

"Il y a une forme de brutalité sur un certain nombre de sujets, par exemple la question des femmes​. (...) Je ne comprends pas qu’on soit si attaché à la civilisation française et qu’on en soit si éloigné dans la considération qu’on peut avoir des femmes", avait expliqué le président par intérim du RN sur CNEWS.

Ce changement de pied s'explique par le besoin de Marine Le Pen de remobiliser ses électeurs alors que pour la première fois la semaine dernière, un sondage la donnait à la troisième place au premier tour, remplacée face à Emmanuel Macron par l'écrivain.

Se différencier par son programme

La candidate à la présidentielle semble pourtant hésiter. D'un côté, elle ne cesse d'affirmer depuis plusieurs semaines tenir "un discours de réalité" face à l'absence de programme de l'essayiste.

La députée tente aussi d'enfoncer un coin en allant chercher le polémiste sur ses positions économiques, relativement proches de celles de la droite - une façon d'éviter de l'attaquer sur l'immigration.

"Il critique le poids de notre système de protection sociale mais sans dire ce qu'il veut raboter. (...) ll s'intéresse assez peu, en tout cas si j'en crois ses déclarations, aux fins de mois des Français et moi j'ai une sensibilité sociale qui est plus importante incontestablement", a expliqué l'élue ce dimanche sur BFMTV.

Ne pas froisser les potentiels électeurs d'Éric Zemmour

Dans le même temps, la parlementaire envoie aussi des clins d'œil aux électeurs qui pourraient hésiter entre l'ancien journaliste et elle-même.

Stéphane Ravier, sénateur des Bouches-du-Rhône RN, a ainsi appelé de ses voeux lors d'un discours à la tribune la création d'un "haut-commissariat à la remigration". Ce terme est pourtant banni ces dernières années des discours officiels du RN, souvent jugé trop complotiste par l'état-major du parti.

Le député RN, Gilbert Collard, fera, lui, le déplacement à Nîmes pour une conférence d'Éric Zemmour à l'occasion de la sortie de son nouveau livre. Tous les cadres du parti avaient pourtant jusqu'ici soigneusement évité de participer à sa tournée promotionnelle.

Ces gestes d'un côté et de l'autre donnent à Marine Le Pen une position d'équilibriste face à l'ancien chroniqueur. Au risque de ne plus savoir de quel côté aller.

Article original publié sur BFMTV.com

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