Après le bac de français, Sylvie Germain répond aux lycéens en colère

Sylvie Germain, ici en 2019, a été victime de cyberharcèlement après que son texte a été proposé au bac de français le 16 juin 2022. (Photo: Eric Fougere - Corbis via Getty Images)
Sylvie Germain, ici en 2019, a été victime de cyberharcèlement après que son texte a été proposé au bac de français le 16 juin 2022. (Photo: Eric Fougere - Corbis via Getty Images)

Sylvie Germain, ici en 2019, a été victime de cyberharcèlement après que son texte a été proposé au bac de français le 16 juin 2022. (Photo: Eric Fougere - Corbis via Getty Images)

BACCALAURÉAT - “Quels adultes vont-ils devenir?” Voici ce que se demande mardi 21 juin dans le Figaro l’autrice Sylvie Germain, victime de harcèlement sur Internet depuis qu’un extrait de son romanJours de colère est tombé au bac de français.

Jeudi 16 juin, près de 400.000 lycéens de première en filière générale avaient le choix entre trois dissertations et un commentaire de texte. Ce dernier reprenait un passage du livre de Sylvie Germain, plus précisément du chapitre intitulé “Les Frères”. Le texte long d’une vingtaine de lignes décrit les fils de deux personnages de l’ouvrage, Ephraïm Mauperthuis et de Reinette-la-Grasse, élevés dans la forêt du Morvan à une période indéterminée, était-il précisé.

Visiblement, certains lycéens qui avaient opté pour le commentaire de texte ont eu du mal à comprendre de quoi il en retournait. Au point d’exprimer parfois violemment leur mécontentement envers l’écrivaine, comme vous pouvez le voir dans les messages et vidéos publiées sur les réseaux sociaux.

@larabe92213

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“Immaturité, haine de la langue”

Sylvie Germain ne savait pas que son livre, qui a reçu le prix Femina en 1989, avait été choisi pour l’épreuve de français au nom de la confidentialité des sujets. “J’ai été étonnée, et touchée par le choix d’un de mes livres, et aussi légèrement perplexe devant cet extrait peut-être peu évident hors contexte”, reconnaît-elle.

Toutefois, l’écrivaine fustige la violence qu’elle subit: “C’est grave que des élèves qui arrivent vers la fin de leur scolarité puissent montrer autant d’immaturité, et de haine de la langue, de l’effort de réflexion autant que d’imagination, et également si peu de curiosité, d’ouverture d’esprit.” Elle dénonce ses harceleurs qui “veulent des diplômes sans aucun effort”.

“Le passage à analyser n’était pas délirant, le vocabulaire était accessible, mais certains se contentent d’un vocabulaire si réduit, riche seulement en insultes et en invectives, que tout écrit un peu élaboré leur est un défi, un outrage”, tacle-t-elle, dénonçant une “flambée de rage (...) aussi absurde qu’affligeant(e)”.

Comme correction, Studyrama propose d’expliquer comment l’autrice parvient à mener ses personnages de l’animal à l’humain. Les bacheliers ont-ils eu la même analyse? Résultat le 5 juillet.

À voir également sur Le HuffPost: “Bac 2021: ‘Une fois qu’on a le bac, on n’est pas sûr d’avoir quelque chose’”

Cet article a été initialement publié sur Le HuffPost et a été actualisé.

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