Antony Blinken à l’Otan: reconstruire les alliances après les années Trump

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Après quatre ans de déclarations à l’emporte-pièces de Donald Trump sur l’Otan, qualifiée d'« obsolète », les pays de l’Alliance atlantique accueillent avec une satisfaction peu masquée l’arrivée de la nouvelle équipe dirigeante à Washington. Les trente ministres des Affaires étrangères de l’Otan sont donc réunis, ce mardi 23 mars, à Bruxelles, avec pour la première fois parmi eux, Antony Blinken, le secrétaire d'État américain.

Avec notre correspondant à Bruxelles, Pierre Benazet

Renforcer l’Otan, reconstruire les alliances, entamer un nouveau chapitre dans les relations transatlantiques, l’ambiance serait presque à l’euphorie au siège de l’Alliance atlantique face à Antony Blinken. Mais le ministre des Affaires étrangères de Joe Biden a surtout dû rassurer ses homologues sur les intentions des États-Unis vis-à-vis de l’Afghanistan ; beaucoup de pays alliés s’inquiètent de ce que la décision de Donald Trump sur le retrait des troupes américaines au 1er mai 2021 n’a toujours pas été formellement enterrée par Washington.

« Nous y sommes entrés ensemble, a dit M. Blinken, nous nous sommes adaptés ensemble et, lorsque le moment sera venu, nous partirons ensemble. Abstraction faite des décisions tactiques, nous sommes unis avec nos alliés de l'Otan pour chercher à mettre fin de manière responsable à ce conflit et à retirer nos troupes de la zone de danger. »

« Tout comme nous sommes collectivement déterminés à faire en sorte que l'Afghanistan ne devienne plus jamais un refuge pour les terroristes qui pourraient menacer les États-Unis ou nos alliés. Et nos consultations sur la voie à suivre pour l'Afghanistan, nous les menons en tant qu'Alliance », a conclu le secrétaire d'État américain.

Dix mille soldats en Afghanistan

« L’Otan a environ dix mille soldats en Afghanistan ; la majorité provient de pays alliés et partenaires, pas des États-Unis, a déclaré de son côté Jens Stoltenberg, secrétaire-général de l’Otan. Nous n’avons pas pris de décision finale sur la présence de nos forces. Mais nous sommes déterminés à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité de nos troupes. Au fur et à mesure de nos avancées nous devons prendre des décisions ensemble et agir ensemble en nous basant sur notre principe : nous sommes arrivés ensemble, nous ajustons notre présence en Afghanistan ensemble et quand le moment sera venu nous partirons ensemble »

Même si la volonté de tous est de renouveler le lien transatlantique, Anthony Blinken se retrouve aussi face à une Otan tiraillée, en particulier sur l’attitude à adopter vis-à-vis de la Turquie et de son rapprochement avec la Russie.

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