Antoine Bondaz : "En France, nous avons de vraies pépites convoitées par la Chine"

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Plus que la guerre commerciale, c’est la guerre technologique qui importe, insiste Antoine Bondaz (Fondation pour la recherche stratégique) avec qui Sciences et Avenir a pu décrypter les importantes annonces du plan quinquennal chinois, ce mois de mars 2021 à Pékin, concernant recherche, sciences et technologies. La France qui a encore des technologies de pointe en avance sur la Chine, doit savoir mener ses coopérations ne mettant pas en péril la sécurité nationale et la compétitivité des entreprises françaises, insiste le chercheur.

Antoine Bondaz est chargé de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), directeur du Programme Taïwan et du Programme Corée, et enseignant à Sciences Po. Il répond ici aux questions de Dominique Leglu, directrice éditoriale du pôle Sciences du groupe Challenges.

MISE A JOUR. Le chercheur Antoine Bondaz a été récemment insulté par l’ambassade de Chine en France qui l’a traité de "hyène folle" et de "petite frappe", l’estimant trop critique dans ses analyses. Sciences et Avenir – La Recherche, qui avait mené cette interview avant que surgisse cette navrante prose sur les réseaux sociaux, tient à assurer ici le chargé de recherches de la Fondation pour la recherche stratégique de sa considération et de son soutien.
Dr Dominique Leglu, directrice éditoriale du pôle Sciences du groupe Challenges.

Sciences et Avenir : La Chine a frappé fort en annonçant, le 5 mars 2021, à l’occasion de la présentation de son nouveau plan quinquennal 2021-2025 (lire encadré « Plans quinquennaux »), une augmentation de 7% du budget consacré à la recherche fondamentale. Que signifie ce chiffre ?

Antoine Bondaz : Il s’agit d’une mesure purement budgétaire, selon laquelle, tous les ans, les dépenses publiques de recherche devraient augmenter de 7 %. Il s’agit a priori du budget de l’État central, sans forcément envisager les dépenses des provinces, des villes etc. qui constituent un mille-feuille administratif avec des dépenses à plusieurs niveaux. Et oui, il y a un focus spécifique sur la recherche fondamentale.

Pourquoi ce focus ?

Il révèle le problème de la Chine. Même si elle est au niveau de l’Union européenne et s’approche des États-Unis en termes globaux de R&D par rapport au PIB, ce n’est pas le cas pour la recherche fondamentale. Ce qu’il y a de nouveau et d’important - cela a été voté - c’est qu’en 2021, les dépenses du gouvernement central en matière de recherche fondamentale, vont augmenter de 10,6 %. Une augmentation supérieure à la moyenne de l’ensemble. L’obje[...]

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