Antoine Bondaz: "Ce que craint le plus l’ambassade de Chine à Paris est qu’il y ait un débat"

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Antoine Bondaz, chercheur au sein de la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et enseignant à Sciences-Po, a été visé par une série d'invectives par l'ambassade de Chine en France. Interview.

Paris Match. Le compte Twitter de l’ambassade de Chine en France vous a traité de «petite frappe» dans un tweet puis de «hyène folle», «vilain» et «troll idéologique» dans un communiqué. Comment en est-on arrivé là ?
Antoine Bondaz. Cela a commencé la semaine dernière avec l'information selon laquelle l’ambassadeur de Chine en France Lu Shaye avait écrit à des sénateurs français qui comptaient se rendre à Taïwan pour critiquer ce projet de délégation parlementaire. J’ai simplement réagi en rappelant que les parlementaires français étaient évidemment libres de se rendre à Taïwan, que cela ne remettait pas en cause la politique du gouvernement et que ces demandes chinoises de ne pas se rendre à Taïwan étaient malvenues.

La réaction de l’ambassadeur était causée par le statut particulier de Taïwan…
Evidemment. Et c’est encore une fois pour essayer d’isoler Taïwan sur la scène internationale et éviter toute interaction entre Taïwan et le reste du monde. Il faut souligner qu’on ne parle pas d’interaction entre les gouvernements français et taïwanais mais avec des parlementaires. L’ambassade a ensuite publié un communiqué dans lequel elle réaffirme sa position et, très important, elle écrit que «les parlementaires français ne devront pas rencontrer les autorités taïwanaises». C’est cette expression qui est inadmissible : l’ambassade de Chine en France n’a pas à donner d’injonction à parlementaires français, elle n’a aucune autorité pour le faire et c’est tout à fait malvenu.

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"L'ambassade de Chine en France a franchi une ligne"

Y avait-il déjà eu des visites de ce type auparavant ?
Depuis une dizaine d’années, il y a eu(...)


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