Antisémitisme: Macron reproche à LFI "son ambiguïté", sans épargner le "rejet des musulmans" du RN

L'Élysée hausse le ton. À trois jours de la marche contre l'antisémitisme que La France insoumise boycotte mais à laquelle le Rassemblement national se rendra, Emmanuel Macron a renvoyé dos-à-dos les deux mouvements, sans les nommer.

"Nous vivons une époque où les uns préférent rester ambigus sur la question de l'antisémitisme par souci de flatter de nouveaux communautarismes", a ainsi jugé le chef de l'État.

Macron accuse le RN de confondre "le rejet des musulmans et le soutien des juifs"

Avant de lancer: "les autres prétendent soutenir nos compatriotes de confession juive en confondant le rejet des musulmans et le soutien des juifs, en refusant de condamner clairement leur position passée et tous les mots définitifs d'hier".

Sans donner le nom de Jordan Bardella, le patron du RN, le président fait référence aux propos que le jeune homme a tenu sur BFMTV ce dimanche.

Le numéro un du parti a ainsi estimé que le co-fondateur de sa famille politique Jean-Marie Le Pen n'était "pas antisémite", malgré ses multiples condamnations notamment pour avoir qualifié les chambres à gaz de "détail" de l'Histoire.

L'exécutif juge que Bardella ne "coupe pas avec les racines de l'histoire" de son mouvement

Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, avait déjà regretté cette prise de position ce mardi à l'Assemblée nationale. Quelques heures avant le discours d'Emmanuel Macron, le ministre avait remis une pièce dans la machine à l'issue du Conseil des ministres.

Interrogé sur la présence de Marine Le Pen et Jordan Bardella à la manifestation dimanche, le porte-parole du gouvernement a regretté que leur parti "ne coupe pas avec les racines" de son histoire.

Mais La France insoumise est également dans le viseur présidentiel. Si le mouvement a qualifié de "crimes de guerre" les attaques commises par le Hamas le 7 octobre dernier, il n'a pas directement estimé que le Hamas est une organisation terroriste, à l'inverse des autres partis de gauche.

Borne présente à la grande marche contre l'antisémitisme

"C'est la branche armée qui est aujourd'hui responsable de crimes de guerre", a indiqué Mathilde Panot, la présidente des députés LFI mi-octobre, tout en précisant "condamner l'ensemble des crimes de guerre, qui visent à la terreur, donc on peut appeler ça terroriste".

Emmanuel Macron n'a pas indiqué s'il se rendrait à la marche de dimanche, contrairement à plusieurs de ses ministres, à commencer par Élisabeth Borne.

Article original publié sur BFMTV.com