Antisémitisme : une année 2022 contrastée

14 février 2021, commémoration pour Ilan Halimi, assassiné il y a 15 ans.   - Credit:XOSE BOUZAS / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
14 février 2021, commémoration pour Ilan Halimi, assassiné il y a 15 ans. - Credit:XOSE BOUZAS / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

On connaîtra demain jeudi les chiffres de l'antisémitisme en France en 2022. Ces statistiques sont élaborées grâce au travail du ministère de l'Intérieur et du SPCJ (Service de protection de la communauté juive), une organisation créée en 1980, au lendemain de l'attentat de la rue Copernic à Paris. En 2022, ce sont 436 actes antisémites qui ont été recensés, ce qui représente une baisse de 26 % par rapport à l'année 2021. Derrière cette amélioration, perdure une réalité contrastée : les actes antisémites recensés portent atteinte en majorité à des personnes (53 % des actes antisémites, une augmentation de 8 points sur un an) et non à des biens.

L'antisémitisme représente par ailleurs 62 % des actes anti-religieux (anti-musulman, anti-chrétien, antisémite), « alors même que les juifs constituent moins de 1 % de la population française », rappelle Anne-Sophie Sebban-Becache, directrice d'AJC-Paris, le bureau français d'American Jewish Committee, une association américaine fondée en 1906 en réaction à une grande vague de pogroms antisémites dans la Russie tsariste. Ces chiffres, basés sur les dépôts de plainte, ne recensent qu'une partie des actes antisémites.

Homicides

« Il serait scandaleux de se réjouir de ces chiffres l'année où l'on a assisté au meurtre antisémite de René Hadjadj à Lyon », relève Anne-Sophie Sebban-Becache, qui mentionne deux autres homicides pour lesquels la circonstance aggravante aurait pu être relevée, même si la justice en a décidé aut [...] Lire la suite