Antilles : “les faits sont prescrits” dans le scandale du chlordécone, estime le procureur de Paris

Le scandale a éclaté en mars dernier. Pendant une vingtaine d’années, les planteurs martiniquais et guadeloupéens ont utilisé du chlordécone sur leurs plantations. Cet insecticide, probablement cancérigène, pollue durablement les sols et 90% de la population adulte des deux îles y a été exposé. Interdit en France en 1990, il a été utilisé jusqu’en 1993 dans les Antilles grâce à une dérogation ministérielle, dans les bananeraies. “On n'avait pas de masques, pas de gants, pas de lunettes, et c’était à la main, il n’y avait pas de doses”, rapportait Juvénal Rémir, agriculteur, en mars 2020.L’hypothèse d’un non-lieu Plusieurs associations avaient porté plainte en 2006 pour empoisonnement et mise en danger de la vie d’autrui. Mais dans une interview donnée par le procureur de Paris Rémy Heitz, au journal France Antilles, mardi 16 mars, celui-ci indique que ces faits sont déjà prescrits, et que la voie pénale dans cette affaire sanitaire pourrait “décevoir les attentes de nos concitoyens envers l'intervention de la justice”. Ce qui a fait réagir Me Christophe Leguevaques, l’avocat d’un collectif de victimes : “C’est inadmissible, nous sommes face à un crime contre l’humanité, toute la population des Antilles est concernée, et on vient nous dire que peut-être il y aurait prescription.” Une manifestation est prévue le 10 avril prochain en Martinique.