Antilles: la contestation continue en attendant des négociations

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Une manifestante portant un t-shirt aux couleurs de l'UGTG (Union générale des travailleurs de Guadeloupe) lève le poing devant du matériel brûlé aux Abymes, près de Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, le 24 novembre 2021 (AFP/Christophe ARCHAMBAULT)

Le mouvement de contestation continuait dans les Antilles jeudi, avant une rencontre des syndicats martiniquais avec les autorités, tandis que des élus de Guadeloupe participent dans l'après-midi à une visioconférence avec le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu, après de nouvelles violences dans la nuit.

En Guadeloupe, la préfecture a annoncé jeudi que "l'intervention en soutien de l'antenne locale du GIGN a mis en échec un groupe d'individus qui tentait de s'en prendre à la brigade de gendarmerie de Morne-A-l'Eau", au centre de la Grande Terre.

"Dix interpellations ont eu lieu sur l’ensemble du département et feront l’objet d’un traitement judiciaire", selon la même source.

La préfecture assure cependant que "la nuit a été moins tendue sur l'ensemble du département qu’au cours des nuits précédentes", avec notamment un nombre de barrages "en diminution malgré les tentatives récurrentes de certains émeutiers d’en reconstituer de nouveaux".

En Martinique, la sécurité publique recense pour sa part jeudi trois interpellations en zone police, et confirme que des membres des forces de l'ordre ont été blessés à Fort-de-France, sans donner plus de détails.

Un supermarché a été incendié au Robert durant la nuit, selon les pompiers, qui précisent n'intervenir qu'en présence des forces de l'ordre, après avoir essuyé plusieurs tirs de projectiles lors de leurs missions. Il y a un blessé léger parmi les gendarmes qui ont reçu des bouteilles d'acide. Deux interpellations ont été effectuées en zone gendarmerie, dont une en lien avec l'incendie du supermarché, selon la gendarmerie.

"Ce sont plus de 1.500 personnes qui ont répondu au dernier appel du 22 novembre", a affirmé à l'AFP la secrétaire générale de la CGTM, Magali Zamor, présente jeudi matin sur le rond-point du stade Dillon, qui mène au port de commerce, où les grévistes occupent toujours le terrain.

"Les jeunes sont entrés dans le mouvement après cette vidéo sur la fête qui a eu lieu avec le Raid des Alizés. Ca a été la goutte d’eau [qui a fait déborder le vase]", explique-t-elle.

Les participantes à cette compétition 100% féminine, qui tient sa 6e édition en Martinique, sont arrivées mardi et ont fait une fête dans la soirée, provoquant la colère des Martiniquais soumis à un couvre-feu depuis des mois.

Le préfet a lancé une enquête administrative pour vérifier les conditions de déroulement de cette épreuve sportive et des événements périphériques.

- tentatives de conciliation -

Les autorités locales comme nationales tentent d'ouvrir la porte au dialogue avec les syndicats et les élus sur les deux îles.

Les leaders des 17 organisations syndicales devaient rencontrer à 10H00 (15H00 à Paris) le préfet et le président du conseil exécutif de la Collectivité territoriale de Martinique Serge Letchimy, à la préfecture.

Par ailleurs, le ministre des Outre-mer Sébastien Lecornu organise jeudi à 16H30 (heure de Paris) une visioconférence avec les maires de Guadeloupe en présence du préfet de Guadeloupe, et des cabinets du ministre de l'Intérieur et du ministre des Solidarités et de la Santé, afin de "faire un point sur la situation en Guadeloupe sur les plans sanitaire, sécuritaire et social", selon le ministère.

Une réunion similaire sera organisée, vendredi à 15h00 avec le président du Conseil Régional, le président du Conseil Départemental et les parlementaires du territoire.

"Lors de ces échanges libres et ouverts, une attention particulière sera portée aux priorités de la jeunesse guadeloupéenne", assure le ministère dans un communiqué.

Pour apaiser la situation, le Premier ministre Jean Castex avait notamment annoncé lundi la création d'une "instance de dialogue" afin de "convaincre et d'accompagner individuellement, humainement", les professionnels concernés par l'obligation vaccinale.

Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a également "décidé de mettre en place une structure qui va permettre de trouver une solution à chacune des 1.400 personnes suspendues parce qu'elles ne sont pas en conformité avec cette obligation vaccinale", a expliqué Sébastien Lecornu.

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