Antidouleurs, recueil de la glycémie... Les pompiers autorisés à pratiquer de nouveaux actes médicaux

Un marin pompier de Marseille le 2 avril 2020, à Marseille. - CHRISTOPHE SIMON / AFP
Un marin pompier de Marseille le 2 avril 2020, à Marseille. - CHRISTOPHE SIMON / AFP

Avec le décret n°2022-621 publié au Journal officiel du 24 avril dernier, le gouvernement a fait le choix d'élargir le champ d'action des sapeurs-pompiers en matière d'intervention médicale.Une petite révolution dans le milieu, alors que les pompiers n'avaient jusqu'alors même pas le droit de prescrire du paracétamol aux personnes qu'ils prenaient en charge.

Deux types d'actes médiaux

Ces nouveaux actes - 12 au total - se répartissent en deux catégories. Le décret liste d'abord sept nouveaux gestes réalisables par les soldats du feu, "visant à recueillir et à transmettre au médecin régulateur les informations à caractère clinique contribuant à l'évaluation de l'état de santé de la victime".

Parmi ces actes, on trouve la prise de la température, de la pulsation cardiaque et de la pression artérielle, le recueil de la glycémie, l'administration en aérosol de produits non-médicamenteux, l'établissement de score de gravité clinique et le recueil de saturation en oxygène ou en monoxyde de carbone.

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Ces différents actes visent ainsi à une meilleure et plus rapide prise en charge des patients par les médecins, avec l'établissement d'un premier diagnostic par les pompiers.

Dans un second temps, le décret dresse cinq autres actes médicaux dorénavant réalisables par les sapeurs-pompiers, "sur prescription du médecin régulateur ou d'un médecin présent sur les lieux". Parmi ces actes, on retrouve l'administration de médicaments sous diverses formes en cas de douleurs aigües, d'asthme ou d'overdose d'opiacés, mais également lors de choc anaphylactique ou de crise d'hypoglycémie. Les pompiers peuvent également réaliser un électrocardiogramme et recueillir l'hémoglobinémie.

"Ces gestes là permettent un diagnostic plus rapide, qui va orienter les patients plus rapidement dans la filière de soin. Plus tôt on prescrit les médicaments, plus la personne aura de chance d'être sauvée", a déclaré sur Europe 1 Norbert Berginiat, médecin en chef des sapeurs-pompiers dans la Manche.

85% des interventions concernent le secours à la personne

La mise en application de ces différents actes est néanmoins conditionnée à la réalisation d'une formation dont les contours doivent être définis par les ministères de l'Intérieur et de la Santé.

Chez les sapeurs-pompiers, ce décret était attendu de longue date, d'autant que, comme le rapporte le JDD, 85% de leurs interventions concernent le secours à la personne.

Sur Europe 1, Éric Florès, à la tête des sapeurs-pompiers de l'Hérault, s'est réjoui de cette réforme. "Lorsqu'on faisait des transports sur des fractures, les personnes étaient dans nos ambulances et avaient des transports d'une heure parfois dans l'arrière-pays pour aller à l'hôpital. Et là avec ces nouveaux gestes, ils vont pouvoir avoir un traitement de la douleur et être transportés de manière sereine".

Article original publié sur BFMTV.com

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