"Anti-social", "doctrinaire": l'exécutif ne digère pas le menu sans viande dans les cantines de Lyon

Hugues Garnier avec AFP
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Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin lors d'une visite à Poissy dans un commissariat, le 15 février 2021 - GEOFFROY VAN DER HASSELT © 2019 AFP
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin lors d'une visite à Poissy dans un commissariat, le 15 février 2021 - GEOFFROY VAN DER HASSELT © 2019 AFP

Le gouvernement et la mairie de Lyon à couteaux tirés. L'exécutif tire à boulet rouge sur la municipalité écologiste, une semaine après l'annonce de la mise en place d'un menu "unique sans viande" dans les cantines scolaires de la ville dès ce lundi.

Une décision prise selon l'édile "pour pouvoir servir plus rapidement les élèves et fluidifier les repas" dans un contexte sanitaire difficile où la transmission du virus s'effectue principalement lors des repas. Pas de quoi satisfaire Olivier Dussopt, ministre délégué aux Comptes publics, premier au sein du gouvernement à réagir à cette mesure temporaire qu'il a qualifié de "choix anti-social et doctrinaire" sur son compte Twitter.

Une "idéologie scandaleuse"

Quelques minutes plus tard, c'est Gérald Darmanin qui a tenu des mots pour le moins crus à l'encontre de la majorité écoligiste de la ville.

"En plus de l'insulte inacceptable aux agriculteurs et aux bouchers français, on voit bien que la politique moraliste et élitiste des 'Verts' exclut les classes populaires", a écrit le ministre de l'Intérieur sur son compte Twitter, dénonçant à cette occasion une "idéologie scandaleuse".

Gabriel Attal a quant à lui réagi dimanche midi à la polémique, se disant être "toujours pour que l'on laisse le choix aux élèves, notamment pour des raisons sociales". "Il y a des enfants qui ne peuvent manger de la viande qu'à la cantine parce qu'ils n'en ont pas chez eux", a plaidé le porte-parole du gouvernement.

"Il ne faut pas que cela soit une décision 'idéologique' et que la crise sanitaire serve à ne plus laisser le choix aux enfants", a-t-il ajouté au Grand Jury de RTL, dénonçant au passage "cette idée d'anti-social" que soutiendraient selon lui les Verts derrière cette décision.

Le préfet du Rhône saisi par le ministre de l'Agriculture

Julien Denormandie a lui annoncé saisir le préfet du Rhône sur cette question, appelant par la même occasion sur le réseau social à cesser "de mettre de l’idéologie dans l’assiette de nos enfants".

"Donnons-leur simplement ce dont ils ont besoin pour bien grandir. La viande en fait partie", a poursuivi le ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation.

Olivier Véran plus nuancé

"La question, c'est quelle est la motivation sous-jacente", a pour sa part estimé ce lundi matin Olivier Véran, plus nuancé que ses collègues.

"Je comprends que dans les familles en précarité, la viande, le poisson peuvent coûter cher (...) À côté de ça, je ne suis pas choqué qu'on puisse proposer des menus sans viande ni poisson à l'école", a déclaré le ministre de la Santé en déplacement dans une Caisse d'allocations familiales à Lyon. "Il n'y a pour moi pas lieu de polémiquer, mais une attention à porter au régime alimentaire des enfants", a-t-il conclu.

De son côté la mairie de Lyon, qui a assuré qu'il y aura des œufs et du poisson au menu cette semaine, s'est défendue de toute idéologie, évoquant simplement "un bon sens pratique" alors que la ville doit renforcer son protocole sanitaire à la demande du ministère de l'Éducation nationale.

"Le reste n'est que polémique politicienne", a enfin considéré ce matin Grégory Doucet.

Article original publié sur BFMTV.com