Anti-blanchiment: la justice européenne freine la transparence et suscite l’indignation

AFP - JOHN THYS

C'est un sérieux coup de frein donné à la transparence financière en Europe. Au nom du respect de la vie privée, la Cour de justice de l’Union européenne invalide une directive anti-blanchiment. Elle permettait notamment au grand public de consulter les registres de bénéficiaires des sociétés enregistrées sur le Vieux Continent. Les ONG s'indignent.

À l'origine, l'initiative de deux propriétaires de sociétés immatriculées au Luxembourg. Ils ne veulent pas que leurs données personnelles soient accessibles à tout le monde. Ce qui, selon les plaignants, les expose à des risques de fraude, d’enlèvement, de chantage ou d’extorsion.

Or, depuis 2018, la directive européenne anti-blanchiment rend possible de consulter les données relatives à une société. Ces informations incluent le nom de son propriétaire, les mois et année de sa naissance, le pays de résidence et la nationalité. Un moyen de lutter contre les sociétés-écrans dirigées par des hommes de paille. Ce procédé permet à des particuliers ou à des réseaux criminels de dissimuler leurs actifs issus de la fraude fiscale ou de la corruption.

« C'est un recul, un coup porté à la lutte contre la corruption et les paradis fiscaux », a déclaré à l'AFP Quentin Parrinello, un porte-parole d'Oxfam sur les sujets de fiscalité. « De nombreuses enquêtes ont été réalisées grâce à ces informations publiques », a-t-il rappelé.


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