À Jérusalem, Antony Blinken plaide pour une solution à deux États

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En visite à Jérusalem et Ramallah pour tenter de consolider une trêve encore fragile, le secrétaire d'État américain Antony Blinken a plaidé mardi pour une solution "à deux États", un israélien et un palestinien, et appelé les deux parties à créer un "meilleur environnement" pour y parvenir.

C'est la seule option, selon Washington. Le secrétaire d'État américain, Antony Blinken, a affirmé mardi 25 mai, au terme de sa visite à Jérusalem et Ramallah, le soutien des États-Unis à la solution "à deux États", un israélien et un palestinien. Il a aussi appelé les deux parties à créer un "meilleur environnement" pour y parvenir.

"Au final, il est possible de reprendre les efforts pour parvenir à une solution à deux États, que nous continuons de considérer comme la seule façon d'assurer le futur d'Israël en tant qu'État juif et démocratique, et bien sûr de donner aux Palestiniens l'État auquel ils ont le droit", a déclaré le chef de la diplomatie américaine lors d'une conférence de presse à Jérusalem.

"Respect mutuel"

Après des années de divorce sous l'ère Trump, Antony Blinken a aussi dit la volonté des États-Unis de "reconstruire" leur relation avec les Palestiniens, tout en reconnaissant le "droit" d'Israël de se défendre.

Si Antony Blinken s'est entretenu avec des dirigeants israéliens et palestiniens, il a affirmé vouloir éviter que le Hamas, qui figure sur la liste américaine des organisations terroristes, "bénéficie" des efforts américains pour aider la bande de Gaza.

Après s'être entretenu à Jérusalem avec Benjamin Netanyahu, à qui il a réaffirmé le "soutien entier au droit d'Israël de se défendre", Antony Blinken a rencontré le président de l'Autorité palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie occupée.

"Comme je l'ai dit au président (Abbas), je suis ici pour souligner l'engagement des États-Unis à reconstruire la relation avec l'Autorité palestinienne et le peuple palestinien", a-t-il déclaré.

Cette relation doit être "construite sur le respect mutuel et la conviction partagée que les Palestiniens et les Israéliens méritent autant les uns que les autres des dispositions égales de sécurité, d'opportunité, de liberté et de dignité", a-t-il ajouté.

Réouverture du consulat à Jérusalem

Antony Blinken a annoncé la volonté des États-Unis d'"avancer sur le processus de réouverture du consulat à Jérusalem", chargé des Affaires palestiniennes, fermé en 2019 par l'administration Trump, malgré la réprobation internationale.

Sur le front de l'aide financière, l'administration Biden va demander au Congrès de débloquer 75 millions de dollars (environ 61 millions d'euros) à destination des Palestiniens.

Washington souhaite, en plus de cette aide destinée au développement économique, allouer 5,5 millions de dollars d'aide urgente à Gaza et 32 millions de dollars à l'Agence de l'ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), que l'administration Trump avait cessé de financer, a précisé Antony Blinken.

Retour des violences

Du 10 au 21 mai, 253 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, parmi lesquels 66 enfants et des combattants, selon les autorités locales. En Israël, les tirs de roquettes depuis Gaza ont fait 12 morts parmi lesquels un enfant, une adolescente et un soldat, d'après la police.

Médiateur traditionnel entre Palestiniens et Israéliens, Le Caire s'active pour consolider le cessez-le-feu qui ne comporte aucune condition à l'arrêt des hostilités et n'établit aucun plan pour la reconstruction de Gaza, une nouvelle fois dévastée par la guerre.

La trêve reste précaire. Un Palestinien a été tué à l'aube par des forces israéliennes près de Ramallah en Cisjordanie occupée. Lundi, une attaque au couteau a blessé deux personnes, parmi lesquelles un soldat israélien, à Jérusalem. L'assaillant, un Palestinien de 17 ans, selon l'agence officielle palestinienne, a été abattu par les forces de sécurité israéliennes.

Avec AFP