Antarctique : les scientifiques observent « un réchauffement rapide et marqué des eaux en profondeur »

Nathalie Mayer, Journaliste
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L’Astrolabe. C’est ainsi qu’a été baptisé le navire-brise-glace construit pour ravitailler la base scientifique française Dumont-d’Urville en Antarctique. Pendant les 120 jours de l’été austral — soit entre novembre et février —, il parcourt, à raison de trois rotations en moyenne, une distance d’environ 2.700 kilomètres entre la Tasmanie et l’Antarctique. Une occasion unique pour les chercheurs de relever des températures à travers l’océan Austral — cette région de la planète sur laquelle ils disposent d’incroyablement peu de données —, du nord au sud.

« Depuis l’Astrolabe, nous avons lancé, six fois par an et pendant 25 ans, des sondes de température tous les vingt kilomètres pour réaliser des relevés depuis la surface et jusqu’à 800 mètres de profondeur, nous explique Matthis Auger, doctorant à Sorbonne Université. De quoi construire quelque 10.000 profils de température tout le long de la trajectoire du navire ».

Ces mesures ont permis aux chercheurs d’établir la structure de température moyenne des 800 premiers mètres de profondeur de l’océan Austral. Mais aussi son cycle saisonnier. « Nous avons ensuite pu tracer des tendances de températures le long de cette ligne et faire ressortir trois zones distinctes, poursuit le chercheur. Vers le nord, une région déjà identifiée qui se réchauffe assez fortement. Mais à proximité du continent Antarctique, sur le pourtour de la calotte polaire, un léger refroidissement de surface qui cache un réchauffement rapide et marqué des eaux en profondeur ». Les relevés montrent une augmentation de la température des eaux profondes de 0,04 °C par décennie.

Les scientifiques ont largué des sondes permettant de mesurer la température de l’océan jusqu’à 800 mètres de profondeur depuis l’Astrolabe. © Sébastien Chastenet, OMP, IPEV
Les scientifiques ont largué des sondes permettant de mesurer la température de l’océan jusqu’à 800 mètres de profondeur depuis l’Astrolabe. © Sébastien Chastenet, OMP, IPEV

Continuer les relevés de températures

Les chercheurs notent aussi une remontée des eaux chaudes vers la surface à raison de 39 mètres par décennie. C’est entre trois et dix fois plus rapide qu’ils le...

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