Anselm Jappe : « Le béton appauvrit le monde en le rendant uniforme et monotone »

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Dans son dernier essai, Anselm Jappe déploie une critique philosophique du béton. Il nous explique, dans cet entretien, en quoi ce matériau phare de l’architecture moderne détruit la beauté du monde.

Le béton est « l’arme de construction massive du capitalisme », selon le dernier essai du philosophe Anselm Jappe. Ce théoricien de la valeur et spécialiste de Guy Debord ne s’attarde pas seulement sur les méfaits sanitaires et écologiques du béton : il s’attaque, plus profondément, à la façon dont il déshumanise le monde.Marianne : Pourquoi l’effondrement du pont Morandi de Gênes, en 2018, vous a-t-il convaincu de vous lancer dans une critique du capitalisme à partir du béton ?Anselm Jappe : Je me suis senti touché par cet événement, car j’étais en Italie au moment de cette catastrophe et aurais pu passer sur le pont Morandi au lendemain de son écroulement. J’ai été saisi par la façon dont les débats se concentraient sur les défauts de construction ou de maintenance en omettant la cause profonde : le fait que le béton armé, en tant que tel, est un matériau de mauvaise qualité et que, après quelques décennies, celui-ci se détériore s’il n’est pas rénové. Cette intuition a alors rejoint une vieille préoccupation, remontant à mon adolescence, qui est un rejet épidermique pour le béton et une bonne partie de l’architecture moderne. Il m’a alors semblé pertinent d’articuler une critique du capitalisme à partir du béton car ce matériau typique de la modernité est...

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