Anniversaire des Gilets jaunes : un samedi sur les ronds-points, un an après

Symbole d'une France périurbaine en révolte contre les injustices sociale et fiscale, les ronds-points ont de nouveau été occupés par les gilets jaunes ce samedi, dans la banlieue lyonnaise, pour le premier anniversaire de la mobilisation. Que reste-t-il de ce mouvement à l'extérieur des grandes villes ? Notre reporter Guillaume Petit a rencontré ces gilets jaunes de la première heure, toujours déterminés. Et pour certains, la précarité n'a fait que s'aggraver.

C'est à Givors, au sud de Lyon, que Warren entame sa tournée des ronds-points ce matin. Tous situés dans ces zones périurbaines, où la mobilisation des gilets jaunes a connu son essor il y a un an. Et pour le premier anniversaire de ce mouvement, l'étudiant de 24 ans se veut optimiste.

"Il va y avoir bien sûr plus de monde que les dernières semaines et à chaque point de passage, on va grandir, et il y aura de plus en plus de monde" , explique-t-il.

Pour l'accompagner dans sa tournée, sa mère Sophie, qui s'était engagée dans le mouvement dès le départ, pour protester contre contester la hausse des prix du carburant.

C'est le mouvement qui a fait tourner la tête du gouvernement. La révolte de ceux qui se sentent injustement taxés, socialement déclassés, ou isolés. Mais avec les violences et les mesures de sécurité, certains ronds-points sont vite devenus inaccessibles

Un an plus tard,la mobilisation s'est tassée. Mais pour le premier anniversaire du mouvement beaucoup étaient encore là, déterminer à donner de la voix pour exprimer leurs revendications

"Premièrement, nous demandons un référendum d'initiative citoyenne car quand on élit quelqu'un, pendant 5 ans, il fait ce qu'il veut et on a le droit de rien dire, et puis nous demandons plus de justice sociale", explique cette manifestante.

Montrer leur colère, mais pas seulement. Se retrouver sur les ronds-points constitue aussi l'occasion de retrouver l'ambiance bon enfant des débuts sur les ronds-points, où tous ou presque se connaissent.

"Nous ne nous sommes jamais vu avant le mouvement des gilets jaunes. Regardez la solidarité...", dit cette manifestante en faisant une bise à sa voisine . "Voilà, c'est une grande famille les gilets jaunes", acquiesce cette dernière.

Une grande famille, que certains ont quittée, quand d'autres sont restés. C'est le cas de Warren et de sa mère, que nous retrouvons sur un autre rond-point. En un an, Sophie est davantage encore tombée dans la précarité. Cette ancienne fonctionnaire a été forcée de retourner vivre chez ses parents, avec son fils étudiant.

"Je suis bien en-dessous du seuil de pauvreté puisque je ne gagne plus que 291 euros par mois. Et quand je voyais tous ces gens qui faisait leurs courses une fois, et qui en avaient pour 300 euros de fournitures dans leur panier... C'est ce que je gagne en un mois. Alors vous savez ce que j'ai fait ? Je me suis mise dans un coin et j'ai pleuré toute seule en silence". J'avais honte. Honte d'avoir travaillé pour l'Etat pour n'avoir que 291 euros par mois en retour".

Une somme de difficultés et individus plus ou moins homogène sur des ronds-points, qui est parfois un moyen de rompre l'isolement.

Mais certains groupes se sont parfois retrouvés éparpillés, à cheval entre zones périphériques et centre-villes, ce qui peut expliquer les difficultés du mouvement à s'inscrire dans la durée.

"Malgré les interventions de la police, et une forme de lassitude, le mouvement des gilets jaunes voulait montrer aujourd'hui qu'il a encore des choses à dire. Mais dans le même temps, il se trouve quelque peu à la croisée des chemins. Et il lui faudra trouver une direction s'il veut espérer fêter son deuxième anniversaire dans un an" , conclut notre reporter Guillaume Petit.