Anny Duperey, voici une mère libre et lucide

© Catherine Schwaab / Paris Match

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C’est un seul en scène insolite dans un petit théâtre plein comme un œuf, perdu dans le XVIème arrondissement parmi les boutiques de Passy. Pas mal de spectatrices ont l’âge d’avoir des enfants «presque vieux» comme Anny Duperey le raconte dans ces lettres qui égrènent une vie de femme. Des enfants qu’elle a élevé en «maman responsable» mais pas fusionnelle. Elle ne leur a pas sacrifié sa vie amoureuse. Pierre, sa grande passion, est mort, elle se retrouve seule à les accueillir tous les dimanches avec son fameux, inégalable gâteau au chocolat. Eux accomplissent leur devoir, elle n’espère que ce déjeuner.

Ce pourrait être attendu, ça nous prend par surprise. Car cette mère qui signe chaque lettre avec un autre adjectif se révèle furieusement anti-conformiste. Et ça fait du bien en ces temps si balisés, si pétris de prêt à penser. Quand elle décide de quitter la ville, l’appartement conjugal, les habitudes pesantes pour partir à Ouistreham dans une maison, un déclic s’opère en elle : le goût de la liberté. Dans tous les domaines : psychologique, professionnel, social, sexuel, philosophique, existentiel…

Le texte est d’une lucidité implacable. Intelligente et nuancée, Anny Duperey le déroule avec subtilité. Elle a l’art de montrer un comportement qui franchit les limites de la bienséance bourgeoise tout en gardant son regard, son débit, son style de grande dame bien éle...


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