Annexion de territoires en Cisjordanie: Mahmoud Abbas met à nouveau en garde Israël

Mahmoud Abbas affirme ne plus être lié par les accords signés avec Israël et les Etats-Unis. Et il annonce la fin de la coopération avec Israël, y compris dans le domaine sécuritaire. Cette déclaration du président de l’Autorité palestinienne est une réponse aux projets d’annexion de plusieurs pans de la Cisjordanie de la part du nouveau gouvernement israélien. Mais Mahmoud Abbas a déjà menacé plusieurs fois de rompre les liens avec Israël. 

De notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil

Pour avoir déjà brandi dans le vide cette menace, le président de l’Autorité palestinienne a du mal à convaincre de sa sincérité. Mais une annexion augmenterait la pression populaire sur le gouvernement palestinien et il ne faut pas écarter trop rapidement ce discours, juge Ofer Zalzberg, analyste à International Crisis Group : « Le prix que l’Autorité palestinienne va payer pour continuer de coopérer avec Israël sur plein de sujets va être plus élevé. Et donc ils doivent réduire la coopération et montrer à la population qu’elle ne continue pas de la même façon, mais de manière plus étroite, plus limitée et avec plus de réserves ».

Pour Ofer Zalzberg, Mahmoud Abbas n’envisage pas d’enterrer complètement l’Autorité palestinienne. Mais il pourrait se retirer graduellement du volet des accords d’Oslo qui gère les relations entre les deux gouvernements. Il pourrait ainsi décider de ne plus respecter les accords régissant les exportations palestiniennes vers Israël. « Il peut exporter vers Israël tant et tant de vêtements et de légumes. Mais s’il dit « non, je veux exporter plus », quelle sera la réaction israélienne ? C’est vraiment plus une logique de force que de négociation. »

L’annexion pourrait ainsi conduire à un changement d’approche dans les relations israélo-palestiniennes. Mais celui-ci se ferait de manière graduelle, et non radicale comme le laisse entendre les discours de Mahmoud Abbas.