Anne Sinclair, ou la présidentielle vue du ciel

Libération.fr

Presque tous les candidats aujourd’hui se déclarent «antisystème». Que reste-t-il alors du «système» ? Rencontre du troisième type avec le système, un matin sur France Culture.

Où est passée l’«élite» ? Où est passé le «système» ? Qui incarne encore le système ? Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon veulent le balayer. Benoît Hamon a pulvérisé Manuel Valls. Jusqu’à François Fillon, qui aimerait faire du pâté avec les juges et les journalistes. Jusqu’à Alain Juppé, qui commence, à 71 ans, une carrière de rebelle. Jusqu’à Emmanuel Macron, ex-banquier aujourd’hui antisystème. Qui reste-t-il donc pour incarner le système ? Christophe Barbier, Ruth Elkrief, Franz-Olivier Giesbert, bien sûr. Ils se bousculent. Mais il faut rendre grâce à Guillaume Erner, matinalier de France Culture qui a retrouvé sa représentante-étalon.

Le système a une voix chaleureuse, bien timbrée, professionnelle. Normal : c’est le système. Si le système n’avait pas au moins travaillé sa voix, il ne serait pas le système. Et le système a un nom : Anne Sinclair, invitée de la matinale. Ex-présentatrice vedette de TF1 - «je faisais une émission qui s’appelait 7 sur 7», dit-elle, du ton de Meryl Streep murmurant «I had a farm in Africa» - tutoyant tous les présidents passés et futurs de la Ve République, petite-fille d’un richissime marchand de tableaux, ex-future première dame elle-même si un sort contraire n’en avait pas décidé autrement, un jour au Sofitel de New York, Anne Sinclair est peut-être la seule créature humaine à ne pas pouvoir nier qu’elle incarne le système.

Depuis des années, la reine se morfondait en semi-exil au Huffington Post (groupe Le Monde). Silence qu’elle rompt, pour les besoins de la promo d’un livre. Etonnamment, le système est serein. Sur le paysage médiatique et ses bouleversements, le système émet un jugement équanime : «Dans les réseaux sociaux, il y a le pire et le meilleur.» Le système contrôle la situation, depuis une planète non située exactement dans la carte des (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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