Annabelle : "Nous avons eu l'idée d’amener la poupée à la maison, chez les Warren"

Emmanuel Itier, propos recueillis à Los Angeles

AlloCiné : Quel défi cela représente de trouver de nouvelles idées pour faire un film d’horreur avec une poupée maléfique ?

Gary Dauberman (réalisateur) : C’est un stress permanent de travailler sur cette franchise et de trouver de nouvelles idées, de nouvelles astuces pour vous faire peur ! Le premier public, c’est nous : scénaristes, producteurs, acteurs... Donc nous testons toute idée de frayeur avec l’équipe du film. Si elle nous fait vraiment peur, nous gardons l’idée, sinon nous repartons cogiter. Croyez-moi, on a dû bosser dur sur ce script. Ce n’est pas aussi facile que cela en a l’air d’écrire Annabelle - La Maison du Mal.

Le film s'intègre à l'univers "Conjuring". En quoi est-il différent des autres volets de la franchise ?

Nous avons eu l'idée d’amener Annabelle "à la maison", chez les Warren, et de la mettre au coeur du "musée" qui abrite toutes sortes d’autres objets insolites et maléfiques. Souvenez-vous que tout ceci est inspiré par les histoires vraies du couple Warren. Et donc, il y a bien une vraie poupée Annabelle et un vrai Musée de l’Occulte où il ne fait pas bon passer du temps... L’autre nouveautée c’est Judy Warren, la fille des Warren qui prend le rôle principal dans cette confrontation avec la poupée diabolique. C’est la talentueuse Mckenna Grace, que l’on a vu récemment dans Captain Marvel, qui joue Judy. Elle est fantastique et a une riche carrière devant elle.


Est-ce que, dans un sens, ce film est un "Conjuring 1.5" ? Est-ce qu'il aura un impact sur "Conjuring 3" ?

Même si nous avons ici la présence de Patrick Wilson et Vera Farmiga, qui jouent les Warren, je ne pense pas qu’il s’agisse vraiment d’un Conjuring 1.5 ou que ce film aura impact sur le prochain Conjuring, qui est d’ailleurs en cours de tournage. Ce qui est certain, c’est que nous tentons d’avoir de plus en plus de crossovers entre les divers films et tout ceci fait partie du même univers horrifique.

Quand on se penche sur votre carrière de scénariste et de réalisateur, il semble que vous vous aimiez rendre diaboliques les clowns ("Ça"), les nonnes ou les poupées !

Absolument ! (Rires) C’est un plaisir que j’ai contracté au contact de James Wan. C’est mon maître à penser et j’ai énormément appris avec lui, notamment pour pouvoir enfin réaliser l’un de ces films avec Annabelle - La Maison du Mal. De manière générale, j’aime transformer des créatures assez ordinaires, comme une poupée ou un clown, en des monstres extraordinaires. C’est un exercice mental fascinant.

Suivez Lorraine Warren au musée de l'occulte, à la rencontre de la vraie Annabelle

 

Avez-vous rendu visite au Musée de l’Occulte des Warren et avez-vous "rencontré" la vraie Annabelle ?

Je dois vous avouer que non ! J’ai trop peur de m’y rendre ! Même si après ce film, je sens que j’ai enfin trouvé le courage en moi pour y aller… On verra si je passe à l’acte. Si je ne refais pas surface vous saurez où me trouver ! (Rires)

Quel souvenir gardez-vous de votre rencontre avec Lorraine Warren ?

C’était une femme fascinante et que l’on ne peut pas oublier. Je l’avais rencontrée à la Première de Conjuring. Elle avait un don pour vous mettre en confiance, et vous donner l’impression qu’elle vous connaît depuis toujours. C’était une femme au grand coeur et qui a toujours tenté d’élucider tous les mystères auxquels elle a été confrontée dans sa vie tellement imprévisible et parfois effrayante.




Question traditionnelle sur cette franchise : un événement surnaturel est-il survenu pendant le tournage ?

C’est vrai qu’il se passe toujours plein de choses inéxplicables pendant le tournage de ces films. C’est bien pour cela que nous avons toujours la présence d’un prètre en début de production qui vient nous bénir ainsi que les lieux où nous filmons. Je me souviens qu’un jour, alors que nous tournions des plans avec une poupée vaudou, celle-ci était soudaienemnt introuvable. Nous avons passé des heures à la chercher, ce qui nous a forcé à modifier le plan de travail. Finalement quelqu’un a trouvé la poupée sur un autre plateau mais elle avait été totalement brûlée ! Et croyez-moi, nous ne savons toujours pas ce qui s’est passé avec cet objet. J’en ai encore la chair de poule…