Ankara «répliquera fermement» à la dissolution d'un groupe ultranationaliste turc en France

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C’est un nouvel épisode des fortes tensions qui enveniment ces dernières semaines les relations entre Paris et Ankara. La Turquie a prévenu mercredi qu'elle allait « répliquer fermement » à la dissolution par la France de la mouvance ultranationaliste turque des Loups gris, accusée d’inciter à la discrimination et à la haine à l’encontre des Arméniens et des Kurdes.

Avec notre correspondante à Istanbul, Anne Andlauer

Dans un communiqué au ton particulièrement virulent, le ministère turc des Affaires étrangères qualifie la décision française de « provocation ». Il y voit la preuve que le gouvernement français serait « complètement sous la coupe des milieux d’influence arméniens », il l’enjoint à « protéger la liberté d'expression et de réunion des Turcs de France » et promet de « répliquer de la façon la plus ferme ».

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Ankara qualifie « d’objet imaginaire » ce que les autorités françaises désignent comme le « mouvement des Loups gris ». En Turquie, les « Loups gris » sont un surnom donné aux membres et aux sympathisants des « Foyers idéalistes », une formation qui gravite depuis 50 ans dans l’orbite du parti d’extrême-droite ultranationaliste, le MHP. S’ils disposent dans le pays d’une existence légale, ceux qui se qualifient de « Loups gris », en Turquie et à l’étranger, sont souvent de simples sympathisants de cette idéologie qui considère comme une menace les minorités religieuses et ethniques.

Ces cinq dernières années, les « Loups gris » se sont rapprochés, de fait, de Recep Tayyip Erdogan, car le MHP est devenu l’allié de pouvoir indispensable du chef de l’État turc.