Ankara commence à renvoyer des membres étrangers du groupe EI dans leurs pays

La Turquie a promis de commencer ce lundi à renvoyer dans leur pays les djihadistes étrangers qu'elles détient. Si Ankara met ses menaces à exécution, elles pourraient concerner des centaines d’Européens, notamment trois Françaises.

Avec notre correspondante à Istanbul,  Anne Andlauer

Ces trois Françaises et leurs enfants se trouveraient encore en Syrie, dans la ville de Soulouk, prise par les forces turques au début de leur offensive. Elles se seraient échappées du camp d’Aïn Issa, où elles étaient détenues par les combattants kurdes. Elles disent vouloir se rendre aux autorités françaises et être jugées en France.

C’est précisément le point de vue que défend la Turquie, qui ne veut plus s’occuper du sort des centaines de djihadistes étrangers incarcérés dans ses prisons. Beaucoup sont Européens, originaires notamment de France, de Belgique, d’Allemagne, des Pays-Bas ou encore du Royaume-Uni. La plupart de ces États estiment que leurs ressortissants membres du groupe État islamique capturés en Irak ou en Syrie doivent être jugés sur place. Certains – comme les Pays-Bas et le Royaume-Uni – ont été jusqu’à déchoir des djihadistes de leur nationalité pour éviter d’avoir à les rapatrier.

Un procédé que la Turquie a qualifié « d’inacceptable ». Dans le but de faire pression sur les Européens, Ankara a promis de commencer ce lundi à renvoyer les djihadistes étrangers dans leur pays d’origine… qu’ils aient perdu ou non leur nationalité. Les autorités turques n’ont cependant pas expliqué comment elles comptaient s’y prendre. 

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