Quand les animaux laissent tomber le blanc pour survivre au changement climatique

Libération.fr
Lièvres d'Amérique d'une population polymorphe dans l'Etat de Washington aux Etats-Unis, où les manteaux bruns et blancs coexistent en hiver.

Renard polaire, lièvre variable, perdrix des neiges… De nombreux animaux à couleur changeante sont handicapés par leur camouflage quand il n'y a pas de neige en hiver. Mais certaines populations laissent tomber le manteau d'hiver pour s'adapter au réchauffement.

Ils sont tout bruns l’été et tout blancs l’hiver : de nombreuses espèces d’animaux adaptent la couleur de leur pelage à la saison pour mieux se camoufler. C’est par exemple le cas du renard arctique, du lagopède alpin (ou perdrix des neiges), ou du lièvre d’Amérique – également appelé lièvre variable pour son pouvoir de caméléon… Autant d’adorables bestioles vivant dans les régions nordiques et montagneuses, qui arborent une robe grise ou brune pour courir sur la terre et les rochers à la belle saison, et se transforment en boules de poils blanches quand viennent les jours froids, pour se fondre dans le manteau neigeux. Le problème, c’est que de la neige, on en trouve de moins en moins.

«Comme des ampoules étincelantes»

Une étude publiée dans le prochain numéro de la revue Science s’intéresse pour la première fois à l’ensemble des espèces photogéniques (sensibles aux effets chimiques de la lumière) dont le manteau change de couleur selon la saison, et creuse le lien avec le réchauffement climatique qui les met en grave danger. «La survie de toutes ces espèces dépend directement de l’efficacité de leur camouflage, que l’évolution a délicatement conditionné pour correspondre à la durée moyenne de l’enneigement hivernal», explique le biologiste américain L. Scott Mills, de l’université du Montana, premier signataire de l’étude. «Le signal qui déclenche le changement de couleur du brun vers le blanc est la longueur du jour – qui, comme on le sait, est un excellent métronome pour suivre l’arrivée et le départ de l’hiver.» Mais quand les chutes de neige ne suivent pas le changement de saison, «les animaux blancs l’hiver affrontent des jours de péril mortel, où ils sont comme des ampoules étincelantes (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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