"Angles morts inacceptables", "cacophonie" et "manquements" : le rapport au vitriol de la commission d’enquête sur l’incendie de Lubrizol

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« Risques industriels : prévenir et prévoir pour ne plus subir », voilà le titre évocateur du rapport publié ce jeudi 4 juin par la commission d’enquête du Sénat. Dans un document cinglant, les sénateurs épinglent l’État et sa gestion de la catastrophe de l’usine Lubrizol à Rouen. Dénonçant notamment une « cacophonie de la parole publique » et « des manquements dans la gestion des conséquences sanitaires de l’accident », le rapport, long de 286 pages, en partie dévoilé par Le Monde et l'AFP, confirme le sentiment d’abandon et de confusion des Rouennais après l’incendie survenu dans la nuit du 25 au 26 septembre 2019.

Une communication hasardeuse

La commission, présidée par Hervé Maurey (Eure, Union centriste) et encadrée par deux rapporteurs, Christine Bonfanti-Dossat (Les Républicains, LR, Lot-et-Garonne) et Nicole Bonnefoy (Parti socialiste, PS, Charente), pointe du doigt une communication de crise aux allures de « cacophonie » de la part des ministres, auxquelles le rapport reproche à chacun d’avoir « joué sa partition » jusqu’à « accroître l’incompréhension ». Une critique qui épingle notamment Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur, et la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, tous deux auditionnés, autour de prises de paroles « contradictoires » concernant « l’absence de toxicité aiguë ». « À trop vouloir rassurer à tout prix

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