Andreï Kolesnikov : « Navalny n’est pas Eltsine »

Propos recueillis par Katia Swarovskaya
·1 min de lecture
Un portrait de l'opposant russe Navalny est brandi lors d'une manifestation à Moscou, le 23 janvier 2021.
Un portrait de l'opposant russe Navalny est brandi lors d'une manifestation à Moscou, le 23 janvier 2021.

Près de 3 500 manifestants ont été arrêtés samedi 23 janvier en Russie, lors de rassemblements de soutien à l'opposant Alexeï Navalny qui ont eu lieu dans des dizaines de villes, de Moscou à Vladivostok, à une échelle sans précédent ces dernières années. Militant anticorruption, Navalny, 44 ans, a été arrêté le 17 janvier dernier à son retour d'Allemagne, où il a été hospitalisé à la suite d'une tentative d'empoisonnement à l'arme chimique attribuée aux services russes. Dès son retour, il a publié une vidéo accusant Vladimir Poutine de s'être fait bâtir pour un milliard d'euros un palais au faste démesuré, sur la mer Noire. Le Kremlin a rejeté en bloc les accusations. Andreï Kolesnikov, chef des études de politique intérieure au cercle de réflexion Carnegie à Moscou, analyse les perspectives du mouvement pro-Navalny.

Le Point : En quoi les manifestations pro-Navalny du 23 janvier sont-elles exceptionnelles ?

Andreï Kolesnikov : Le principal changement est que 40 % des manifestants sont, pour la première fois de leur vie, descendus dans la rue pour protester. C'est sans doute dû à l'émotion provoquée par le retour de Navalny et son arrestation immédiate, ainsi qu'à l'impact de la diffusion sur les réseaux sociaux de la vidéo sur le « palais de Poutine », symbole de la richesse des élites.

À LIRE AUSSIL'incroyable démesure du « château » de Vladimir Poutine

Comment l'image de Navalny évolue-t-elle ?

En décembre dernier, l'institut d'étude de l'opinion Levada chif [...] Lire la suite