Ancienne ministre macroniste, Barbara Pompili refuse de voter la réforme des retraites "à ce stade"

INFO BFMTV.COM - L'ex-ministre de la Transition écologique de Jean Castex dénonce les "injustices" créées par le recul de l'âge de départ à la retraite. D'autres députées issues de son courant sont sur la même longueur d'onde.

Un positionnement qui fait mauvais effet alors qu'Emmanuel Macron a appelé sa majorité à faire bloc à 3 jours de la première mobilisation syndicale. Barbara Pompili, l'ancienne ministre de la Transition écologique de Jean Castex, se dit opposée à la réforme des retraites telle qu'elle a été présentée mardi dernier par la Première ministre.

"À ce stade, si je devais voter maintenant, je ne pourrais pas voter pour", assure l'ex élue Europe-Écologie-Les-Verts, qui a rejoint Emmanuel Macron en 2017, à BFMTV.com.

Le besoin de "mesures réparatrices"

À la tête d'En commun, un parti satellite de la majorité qui a pris ses distances avec Renaissance à l'été dernier, Barbara Pompili pointe du doigt "les injustices sociales" entraînées par la réforme.

La députée de la Somme évoque par exemple le cas des personnes qui ont commencé à travailler à 18 ans et qui peuvent actuellement partir avec une pension complète après avoir cotisé 43 années. Avec la réforme, elles devraient cotiser une année de plus pour espérer partir à taux plein. Plus largement, les carrières longues sont rallongées, sauf pour les actifs qui ont commencé avant 16 ans.

"Le choix de repousser l'âge de départ à la retraite nécessite en face des mesures réparatrices très ambitieuses", avance encore l'élue de la Somme, se demandant si le gouvernement n'aurait "pas pu faire autrement".

En cas d'adoption de la réforme, l'âge légal de départ à la retraite passera à 64 ans à l'horizon 2030, contre 62 actuellement, au rythme de trois mois de plus par an. Pour bénéficier de sa retraite à taux plein, il faudra également avoir cotisé 43 ans dès 2027, au lieu de 2035 comme le prévoyait la réforme Touraine adoptée en 2013.

D'autres députés macronistes pourraient voter contre

S'agissant des carrières longues, le gouvernement a également promis un dispositif "adapté", "pour qu'aucune personne ayant commencé "à travailler tôt ne soit obligée de travailler plus de 44 ans", d'après les mots d'Élisabeth Borne.

Trois autres députés Renaissance sont membres d'En commun: Cécile Rilhac, Stella Dupont et Mirelle Clapot. Confronté à une majorité relative, le gouvernement ne pourra pas se passer des voix de ses propres troupes pour faire voter son texte qui arrivera le 6 février prochain à l'Assemblée nationale, à moins d'utiliser l'arme constitutionnelle du 49.3.

"On n'a pas encore arrêté notre position définitive et nous refusons d'être dans la posture. Nous voulons trouver des solutions", juge encore Barbara Pompili, qui se considère "bien membre de la majorité".

En commun dévoilera ce mardi soir des propositions pour faire évoluer la réforme des retraites.

Article original publié sur BFMTV.com

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