Un ancien président du Louvre mis en examen pour des soupçons de trafic d’antiquités

A la tête du musée du Louvre de 2013 à 2021, Jean-Luc Martinez est soupçonné d’avoir fermé les yeux sur de faux certificats d’origine concernant des antiquités égyptiennes.

L’ancien président du musée du Louvre, à Paris, a été mis en examen mercredi 25 mai 2022 pour "blanchiment et complicité d’escroquerie en bande organisée", dans une enquête concernant un trafic d’antiquités. Révélée le même jour par l’hebdomadaire Le Canard enchaîné, en garde à vue de Jean-Luc Martinez et deux éminents égyptologues dans les locaux de l’Office central de la lutte contre le trafic des biens culturels (OCBC). Les deux spécialistes ont été libérés sans poursuites.

Faux certificats

A ce stade de l’enquête diligentée par le juge d’instruction Jean-Michel Gentil, les agents de l’OCBC cherchent à savoir si l’ancien président du Louvre aurait "fermé les yeux" sur de faux certificats d’origine de cinq pièces d’antiquités égyptiennes, parmi lesquelles une stèle en granit rose portant le sceau de Toutankhamon. Un ensemble de pièces acquises par le Louvre Abu Dhabi, l’antenne du musée parisien aux Emirats arabes unis (EAU) "pour plusieurs dizaines de millions d’euros". Selon l’AFP, une enquête préliminaire portant sur des soupçons de trafic d'antiquités provenant du Proche et Moyen-Orient avait été ouverte dès juillet 2018 par la Juridiction nationale chargée de la lutte contre la criminalité organisée (Junalco) du parquet de Paris. Ce trafic concernerait des centaines de pièces et porterait sur plusieurs dizaines de millions d'euros.

Trafic d’œuvres d’art

D’autres personnes seraient également poursuivies dans cette affaire, pour "escroqueries en bande organisée, association de malfaiteurs et blanchiment en bande organisée", parmi lesquels un expert en archéologie méditerranéenne et son compagnon mis en examen dès juin 2020 et placés depuis sous contrôle judiciaire, ainsi qu’un galeriste de Hambourg (Allemagne) en détention provisoire depuis mars 2021. Tous sont soupçonnés d’avoir "blanchi" des objets archéologiques pillés dès le début des années 2010 dans le sillage des "Printemps arabes". Selon Le Canard Enchaîné, l'OCBC cherche à déterminer les conditions d'[...]

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