Un ancien président croate condamné pour avoir insulté un avocat d'Angers

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La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) le 24 janvier 2018, à Strasbourg - FREDERICK FLORIN © 2019 AFP
La Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH) le 24 janvier 2018, à Strasbourg - FREDERICK FLORIN © 2019 AFP

C'est une déclaration vieille de 16 ans qui vient d'être condamnée par la justice européenne. Un avocat d'Angers qui avait porté plainte contre Stjepan Mesic, président croate de 2000 à 2010, pour l'avoir insulté, a définitivement obtenu gain de cause jeudi devant la Cour européenne des droits de l'Homme (CEDH), rapporte Ouest-France.

L'affaire remonte à 2006. Cette année-là, Me Ivan Jurasinovic est contacté par un client qui lui explique qu'il a été victime de deux tentatives d'assassinat, raconte l'avocat installé à Angers, joint ce vendredi par BFMTV.com. "Cet homme, qui était un opposant politique, donne des noms, notamment ceux de commanditaires." Parmi eux, celui du président croate de l'époque, Stjepan Mesic.

Une plainte est déposée et la justice croate ouvre une enquête après ces accusations. À ce moment-là, les médias locaux commencent à s'intéresser de près à l'affaire. Ils contactent l'avocat angevin, qui déclare être tenu au secret de l'instruction et reste discret.

Invité à se rendre dans un hôpital psychiatrique

Stjepan Mesic, lui, ne fuit pas les journalistes, bien au contraire. Il se laisse même aller, dans la presse, à un commentaire au sujet de Me Ivan Jurasinovic.

"La prochaine fois qu'il viendra à Zagreb (la capitale de la Croatie, ndlr), je lui conseillerai de se rendre à Vrapce (un hôpital psychiatrique de la ville, ndlr). Les médecins y sont très compétents", déclare-t-il.

La petite phrase ne passe pas inaperçue. Le principal intéressé engage une procédure au civil contre le président, procédure possible en Croatie alors qu'elle est interdite en France, où le chef de l'Etat bénéficie d'une immunité.

Une volonté d'intimidation reconnue par la justice

En première instance en 2008, Stjepan Mesic est condamné à verser 7500 euros. En appel, l'indemnisation baisse à 6500 euros, mais les mêmes faits sont reconnus par le tribunal. Débouté en Cour de Cassation, le président croate finit par se tourner vers la CEDH. Qui donne, elle aussi, raison à l'avocat français.

"La CEDH est allée plus loin que ce qu'avaient jugé les tribunaux croates. Elle a non seulement reconnu une atteinte à mon honneur et à ma réputation, mais aussi une tentative d'intimidation", se réjouit auprès de BFMTV.com Me Ivan Jurasinovic.

"Il y avait bien une volonté de m'intimider dans le contexte de la défense. C'était avec mon client qu'il avait des comptes à régler, pas avec moi", poursuit-il.

Chose rare, l'Ordre des avocats du barreau de Paris ainsi que le Conseil national des barreaux sont eux aussi intervenus auprès de la CEDH dans ce dossier, afin de plaider les intérêts de la défense.

Article original publié sur BFMTV.com

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