Un an après Sainte-Soline, une première journée de "commémor'actions dans le calme

Des opposants aux mégabassines rassemblés pour des journées de "commémor'actions", un an après une violente manifestation contre ces réserves d'eau agricoles, le 23 mars 2024 à Melle, près de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres (Thibaud MORITZ)
Des opposants aux mégabassines rassemblés pour des journées de "commémor'actions", un an après une violente manifestation contre ces réserves d'eau agricoles, le 23 mars 2024 à Melle, près de Sainte-Soline, dans les Deux-Sèvres (Thibaud MORITZ)

Construction d'un cairn, chants militants et tournoi de pétanque: dans les Deux-Sèvres, quelque 200 opposants aux mégabassines ont entamé samedi dans le calme des journées de "commémor'actions", un an après une violente manifestation contre ces réserves d'eau agricoles.

Dans un champ mis à disposition par la mairie de Melle, à quelques km de Sainte-Soline, un cairn, empilement de pierres, a été construit dès le matin, en guise de lieu de mémoire.

"L'idée est de faire en sorte que dans les décennies qui viennent, les gens puissent se rendre ici et savoir ce qui s'est passé ce 25 mars 2023", a affirmé Julien Le Guet, l'un des leaders de la contestation anti-bassines.

Ce jour-là, autour d'une réserve en construction protégée par plus de 3.000 gendarmes, 30.000 personnes selon les organisateurs, 6.000 à 8.000 selon les autorités, avaient participé à ce rassemblement interdit par la préfecture des Deux-Sèvres.

De violents affrontements avaient éclaté, faisant de nombreux blessés, dont deux manifestants tombés dans le coma.

M. Le Guet, porte-parole du collectif "Bassines non merci", a fustigé "ceux qui ont fait les choix stratégiques d'emmener 3.200 agents, neuf hélicoptères, des blindés et des milliers, des dizaines de milliers de bombes", appelant à ce qu'ils rendent "compte de leurs choix et des conséquences qu'ils ont eu".

Dès dimanche, le collectif va "offrir l'opportunité" à ceux qui le souhaitent de porter plainte auprès de la Cour de justice de la République contre Gérald Darmanin, accusé d'avoir "menti à plusieurs reprises" sur le déroulé de la manifestation.

Dans l'après-midi, les manifestants ont symboliquement rejoint à pied la gendarmerie de Sauzé-Vaussais afin de tenter de récupérer des objets qui leur avaient été confisqués un an plus tôt, avant de conclure la journée par un tournoi de pétanques.

Leurs actions se poursuivent jusqu'à lundi.

A ce jour, une seule bassine, parmi les 16 programmées dans les Deux-Sèvres, fonctionne, à Mauzé-sur-le-Mignon. Trois autres sont en construction, à Sainte-Soline, Priaires et Epannes.

cor-tb/mer/dlm