« Amsterdam » et son scénario loufoque sont inspirés d’une histoire vraie très sérieuse

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Disney Amsterdam

CINÉMA - C’est un fait, David O’Russell est un mordu des comédies dramatiques inspirées de faits réels. Après American Bluff en 2013, basé sur l’opération Abscam menée par le FBI entre les années 70 et 80, ou encore Joy en 2015, centré sur l’entrepreneuse Joy Mangano, le réalisateur réitère l’expérience avec Amsterdam, dont la sortie au cinéma en France est pour ce mardi 1er novembre.

Le long-métrage met en scène, dans les années 30, l’histoire de trois amis, Burt Berendsen, médecin vétéran de la Première Guerre mondiale incarné par Christian Bale, Valerie Voze infirmière campée par Margot Robbie et Harold Woodman, avocat joué par John David Washington. Ceux-ci se retrouvent impliqués, malgré eux, dans une affaire de meurtre liée à l’un des plus grands complots de l’histoire des États-Unis. À leurs côtés, un casting cinq étoiles composé de Robert De Niro, Rami Malek, Chris Rock, Ana Taylor-Joy, Zoe Saldana, Mike Myers, Michael Shannon et même Taylor Swift. Le synopsis de l’histoire n’en dit pas plus sur ce dit complot, seul le film lève le voile sur sa teneur.

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De quelle conspiration parle-t-on ? Du « putsch de Wall Street » tenté (et raté) à l’encontre de Franklin Delano Roosevelt, qui vient d’être élu au pouvoir à cette époque. Les faits, réels, prennent place en 1933, quatre ans après le krach boursier de 1929. Alors que les États-Unis sont frappées par une grave dépression économique, marquée par une vague de chômage sans précédent et la faillite de milliers de banques, l’élection du candidat démocrate ne passe pas auprès des milieux d’affaires.

Un fait historique « étonnamment méconnu »

Inquiets pour leur fortune et inspirés par les coups d’État survenus plus tôt en Europe, certains des banquiers, courtiers et hommes d’affaires les plus puissants du pays fomentent afin de l’écarter, et ainsi le remplacer par une dictature fasciste au pouvoir.

Un fait historique à l’importance et la gravité réelles, pourtant méconnu du grand public. « Peu de personnes connaissent cette partie de l’histoire, explique David O’Russell au HuffPost. Quand on découvre ça en tant que cinéaste, c’est très puissant. » Et Christian Bale d’ajouter : « Il n’y a qu’une seule personne que j’ai rencontrée qui connaissait, c’est vraiment étonnant qu’aussi peu de gens n’en aient pas entendu parler. Le plus plaisant a été de comprendre comment gérer ce monde où de tels événements se produisent. »

Pour David O’Russell, « une partie du film se situe à une période où le monde entier peut basculer complètement ou conserver son cap. Les personnages marchent au bord du précipice mais ne le savent pas (...) Quelque chose d’énorme se profile. C’est mystérieux, fascinant, mais ce n’est pas sans embûches. Voilà ce qui m’a inspiré dans cette intrigue », indique-t-il aussi dans les notes de production.

L’intrigue justement, se veut beaucoup plus légère que l’histoire dont elle est tirée. Les trois personnages centraux, dont l’amitié haute en couleur est le point central d’Amsterdam, mènent une enquête de grande ampleur après la mort suspecte d’un général de l’armée américaine. Construit sous la forme d’un whodunit (roman policier d’énigme), le long-métrage regorge de scènes plus loufoques les unes que les autres entre tous ses protagonistes.

Certains personnages n’ont pas été choisis au hasard

Un parti pris entièrement assumé par le réalisateur d’Happiness Therapy. « Je suis là pour faire un film qui amuse et étonne, pas une leçon d’histoire. Les personnages se retrouvent plongés dans le complot de manière assez inattendue et c’est cette expérience que nous voulons partager avec le public », fait-il valoir. Un constat partagé par Christian Bale : « L’humour émane de leur authenticité et des situations dans lesquelles ils se retrouvent plongés. »

Et à la question de savoir si ceux-ci ont été inspirés, d’une manière ou d’une autre, par de vraies personnes, l’acteur répond par l’affirmative. « Le trio est fictif, mais Burt tire une partie de son histoire de celle George Franklin Shiels », livre-t-il au HuffPost. Ce dernier, illustre chirurgien de l’armée américaine, a notamment reçu la médaille d’honneur, soit la plus haute distinction militaire outre-Atlantique, pour ses actions durant la guerre américano-philippine à la fin du XIXe siècle. « Dans le film, je suis quelqu’un de différent qui a sauvé autant de vies que lui », ajoute la star d’American Psycho.

Ce n’est pas tout puisque la présence du général Gil Dillenbeck, personnage de Robert De Niro, qui joue un rôle central dans la résolution de l’enquête, est un hommage direct à Smedley Butler. Général des Marines, c’est lui qui, en 1933, après avoir refusé de prendre part au complot contre Franklin Roosevelt, l’a publiquement dénoncé.

Amsterdam, sorti depuis le 7 octobre aux États-Unis, est en salles ce mardi 1er novembre en France.

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