A Amiens, des ouvriers essorés par les plans sociaux

Libération.fr

L’usine de sèche-linges a déjà connu trois PSE en quinze ans et vu ses effectifs passer de 1 300 à 286 personnes. Sur les quinze repreneurs qui se sont manifestés, seuls deux seraient crédibles.

«Dans ce pays, il y a des sans-dents, mais surtout des dirigeants sans cran. François Hollande pourrait interdire les produits Whirlpool sur le territoire français, sortir de l’impuissance et se bouger le cul.» C’était le 25 février, lors de la cérémonie des césars. Le réalisateur François Ruffin, récompensé pour son film Merci patron !, mettait brutalement sur le devant de la scène le drame social vécu par les salariés de l’usine Whirlpool d’Amiens, promise à la fermeture. Et qui a été, mercredi, le théâtre d’une double opération de communication politique, avec les visites successives de Marine Le Pen et d’Emmanuel Macron.

«Blabla». Un mois pile avant la sortie médiatique de Ruffin, le groupe industriel annonçait sa volonté de délocaliser sa production en Pologne. Depuis, «les négociations du PSE [plan de sauvegarde de l’emploi] ont débuté, mais ce n’est que du blabla, explique Frédéric Chanterelle, délégué CFDT. Nous n’avons eu aucun contact avec la direction.» Autre inquiétude : «Qu’un éventuel repreneur ferme au bout d’un ou deux ans, s’alarme Pascal Lefebvre, délégué CFTC. C’est inconcevable de la part d’une multinationale comme Whirlpool, la plus petite des boîtes se comporte mieux qu’eux, alors qu’ils se vantent de faire un plan exemplaire.»

Car l’entreprise n’en est pas à son coup d’essai. L’usine d’Amiens a déjà connu trois plans sociaux, en 2002, 2005 et 2008. Une succession de PSE qui, en quinze ans, ont ramené les effectifs du site de 1 300 à 286 personnes. Pour terminer à zéro en juin 2018. «On a l’impression d’être les Kleenex de l’Europe, confiait Patrice Sinoquet, secrétaire adjoint du comité d’entreprise, début mars à Libé.L’entreprise se barre, ils nous laissent et on se retrouve sans boulot.» En attendant, les Whirlpool produisent encore 620 (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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