Amboise: une adolescente de 14 ans vendue, mariée puis menacée de mort

(photo d'illustration) - Denis Charlet
(photo d'illustration) - Denis Charlet

C'est une histoire sordide que relate La Nouvelle République ce vendredi. Celle d'une adolescente de 14 ans, vendue par sa famille à un homme de sept ans son aîné, dans la commune d'Amboise, en Indre-et-Loire.

Le quotidien régional était présent au Tribunal correctionnel de Tours ce mercredi 14 septembre pour le jugement de l'homme en question, accusé d'agressions sexuelles et de menaces de mort.

Enquête pour "traite d'êtres humains"

C'est sur Internet que la jeune fille, d'origine macédonienne, est vendue par sa famille pour quelques centaines d'euros à Sedat, d'origine kosovare. Rapidement, elle doit dormir dans le même lit que son futur mari, tombera une première fois enceinte, avant de faire une fausse-couche début 2017.

En mai de cette année-là, elle décide une première fois de se rendre à la gendarmerie d’Amboise, où elle affirme être "traitée comme une esclave" par les membres de la famille de Sedat, souvent sous la menace de coups. Une enquête pour "traite d'êtres humains" est alors demandée par le procureur de la République.

"On a tous donné un peu d’argent, entre 800 et 1200 euros"

La Nouvelle République raconte que la jeune fille deviendra maman, alors qu'elle ne voulait pas d'enfants. Son passeport lui sera confisqué par la famille, avant qu'elle ne retourne à la gendarmerie en mars 2018 pour des menaces de mort par téléphone. Cette fois-ci, l'enquête est ouverte pour "viol et menaces physiques", ce qui provoquera notamment l'annulation du mariage. Devant la cour ce mercredi, Sedat s'est livré sur ces années de calvaire pour la jeune fille.

"La meuf, elle n’est pas venue me rencontrer pour boire un café. Elle était consciente qu’elle allait se marier et avoir du sexe. Mais je ne savais pas qu’elle avait 14 ans. Je lui en donnais 18… On a tous donné un peu d’argent, entre 800 et 1200 euros", peut-on lire dans La Nouvelle République.

Il assure que ces frais couvraient "le trajet, faire la fête et pour aider", minimisant les faits en estimant que "ce n'est pas le prix d'une Audi". Devant le sarcasme du jeune homme, la présidente du tribunal lui répond que "l’humain n’est pas à vendre".

Dix-huit mois de prison dont dix assortis d'un sursis ont été requis contre le jeune homme, qui plaide la relaxe sur l'agression sexuelle et demande une adaptation de sa peine pour les menaces de mort. Le jugement sera délibéré le 20 octobre prochain.

Article original publié sur BFMTV.com