"Ambiance malsaine", "République bananière": la mauvaise journée électorale de Mélenchon

Capture d'une la vidéo postée sur YouTube du leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, le 28 avril 2017

Paris (AFP) - "La soirée avait un goût bizarre en commençant": dans une vidéo postée sur YouTube vendredi, Jean-Luc Mélenchon raconte la mauvaise journée qu'il a passée le 23 avril, terminée sur sa défaite au premier tour de la présidentielle, qu'il a tardé à reconnaître.

"Toute la journée on a eu des appels d'amis, de groupes qui nous disaient: "mais qu'est-ce qui se passe? on a été radiés des listes électorales"", raconte le candidat de La France insoumise, notant que "ça crée une ambiance un peu bizarre".

"Ca, c'est une ambiance un peu spéciale tout de même, on n'est pas habitués à ça, dans un grand pays avancé, d'avoir un bazar pareil dans l'organisation des listes électorales", a-t-il commenté. "Donc, ça crée une ambiance un peu malsaine".

Autre motif de rancoeur, "le weekend médiatique: c'était carrément la République bananière!".

"Sur le service public comme d'habitude, un grand reportage dès le matin sur la répression au Venezuela, comme ça, ça crée une ambiance - hum", a-t-il expliqué.

"Et puis sur une chaîne privée, j'ai vu qu'il y avait une longue interview d'un biographe de M. Macron, et ça discutait pour savoir l'homme, s'il avait bien évolué, etc", s'est-il agacé.

"La France, c'est pas comme ça d'habitude, c'est beaucoup plus respectueux de la trêve (électorale), du silence, de la réserve, chacun fait un effort pour bien respecter la règle. Là, visiblement la règle, hein...", a-t-il développé, en levant les yeux au ciel.

M. Mélenchon a ensuite raconté avoir eu le long de l'après-midi des responsables d'instituts de sondage au téléphone qui lui assuraient que les résultats étaient "dans un mouchoir de poche". "Ils n'avaient pas l'air de savoir", a-t-il observé, "et pourtant, à 20H00, pof, ils avaient l'air de savoir, exactement" que lui-même et le candidat LR François Fillon étaient éliminés.

"Moi, dans l'ambiance, je me suis dit "il vaut mieux attendre les résultats du ministère de l'Intérieur"".

"Et à la fin on a bien fait parce que ça s'est en effet joué dans un mouchoir: à 620.000 voix près, on était au deuxième tour", a-t-il conclu.

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