Amazonie : les restes de Dom Phillips identifiés, pas de commanditaire selon les enquêteurs

PHOTO UESLEI MARCELINO / REUTERS

Des analyses menées à Brasília ont confirmé que les restes humains découverts le 15 juin dans la vallée de Javari étaient ceux du journaliste britannique. Le corps de l’anthropologue Bruno Pereira doit encore être identifié. Et alors que les enquêteurs écartent “l’implication d’organisations criminelles”, la presse se demande si leurs conclusions ne sont pas trop hâtives.

Il n’y a plus de doute. Les restes humains découverts dans la vallée de Javari, une région isolée vaste comme l’Autriche, dans le nord-ouest de l’Amazonie brésilienne, sont bien ceux du journaliste britannique Dom Phillips, rapporte O Estado de São Paulo.

D’après le quotidien brésilien, l’information a été confirmée par la police fédérale, des analyses réalisées à Brasília ayant permis l’identification de ces restes humains, localisés mercredi 15 juin à trois kilomètres de la rivière Itaquai. “Les policiers ont conduit sur le site le pêcheur Amarildo da Costa Oliveira, et il a désigné un endroit où il aurait enterré les corps du journaliste et de l’anthropologue Bruno Pereira”, rapporte O Estado de São Paulo.

D’autres analyses doivent par ailleurs confirmer que le deuxième corps retrouvé est bien celui de Pereira, qui avait été porté disparu avec Phillips le 6 juin dernier.

Selon les enquêteurs, les deux principaux suspects sont Oliveira, qui a avoué sa participation au crime, et son frère Oseney da Costa de Oliveira, tous deux incarcérés. Mais comme l’explique O Estado de São Paulo dans un autre article, ils considèrent que les assassins présumés “ont agi seuls” et qu’il n’y a pas eu de commanditaire.

“L’implication d’organisations criminelles a également été écartée”, ajoute le quotidien. Une analyse critiquée par l’Union des peuples indigènes de la vallée de Javari (Univaja), avec qui Bruno Pereira collaborait, et qui considère que l’anthropologue était devenu la cible d’un groupe responsable de l’invasion de terres indigènes dans la région. Dans une chronique publiée par le site UOL, le journaliste brésilien Reinaldo Azevedo évoque même un “parfum de provocation” :

“Avec un tel comportement, la police fédérale semble chercher à se soustraire à toute responsabilité. On ne l’avait jamais vue parvenir à une conclusion aussi hâtivement.”

Un mandat d’arrêt contre un troisième suspect

D’après The Guardian, les deux frères Oliveira seraient connus des autorités pour leur implication dans des activités de pêche illégale. Et le quotidien britannique de rapporter que les enquêteurs ont toutefois indiqué “que d’autres personnes ont pu participer au crime” et que d’autres arrestations étaient possibles. La police fédérale a notamment confirmé qu’un mandat d’arrêt avait été délivré contre un troisième suspect, précise le quotidien brésilien O Globo.

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