En Amazonie, le feu qui cache la déforestation

C'est un coup de projecteur ­paradoxal. Il aura fallu des images d'arbres en proie aux flammes pour que le monde s'émeuve du sort de l'Amazonie. "Le poumon de notre planète […] est en feu", a tweeté Emmanuel Macron jeudi. Mais en réalité, ce sont essentiellement les restes de la forêt primaire – déjà déboisée – qui brûlent. Contrairement à la plupart des incendies sur le sol européen ou nord-­américain en période de sécheresse, la situation au Brésil ne met pas en ­lumière une catastrophe naturelle (fût-elle encouragée par le changement climatique), mais bien une action humaine : la déforestation.

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La cause : les incendies déclenchés pour "nettoyer" la zone

En Amérique du Sud, le recours au feu est un moyen très répandu de se débarrasser des déchets ­végétaux une fois la parcelle défrichée. La pratique vise à "nettoyer" la zone, voire à fertiliser les sols. Problème : lors de la saison sèche, de juillet à novembre, ces départs de feu volontaires sont souvent mal maîtrisés, faute de prévention, et peuvent s'étendre à des territoires non visés à l'origine.

L'enjeu est énorme : ­l'Amazonie absorbe chaque année 90 à 140 milliards de tonnes de CO2, abrite un quart de la biodiversité mondiale et régule le climat du sous-­continent en permettant aux nuages de transporter l'humidité de l'Atlantique vers les Andes. Jeudi, 700 nouveaux points de chaleur ont été enregistrés en ving...


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