Altercation Boyard-Hanouna: l'Arcom ouvre la voie à de possibles sanctions contre C8

Altercation Boyard-Hanouna: l'Arcom ouvre la voie à de possibles sanctions contre C8
Louis Boyard et Cyril Hanouna - Autres
Louis Boyard et Cyril Hanouna - Autres

Pour l'Arcom, l'échange entre Cyril Hanouna, l'animateur vedette de C8, et Louis Boyard, le député LFI du Val-de-Marne, est "susceptible de justifier l'engagement d'une procédure de sanction". Le gendarme de l'audiovisuel a en effet annoncé ce jeudi matin avoir transmis le dossier à un rapporteur indépendant du Conseil d'Etat en charge d'instruire la procédure et de déterminer si elle doit ou non donner lieu à certaines sanctions.

Le 10 novembre dernier, Louis Boyard était invité sur le plateau de Touche pas à mon poste à l'occasion d'un débat sur l'accueil du bateau Ocean Viking. Le député a notamment pris la parole pour dénoncer les activités de Vincent Bolloré, patron du groupe Canal+, auquel appartient la chaîne C8, - qui lui valent des poursuites judiciaires. S'en était suivi un échange houleux. Cyril Hanouna avait notamment qualifié le député de La France insoumis d'"abruti", de "bouffon". "T'es qu'une merde", avait-il aussi ajouté.

Le député s'en était également pris à l'animateur de l'émission, l'accusant de faire monter le racisme en France, alors que Cyril Hanouna lui imposait à plusieurs reprises de "fermer sa [ta] gueule". "T'es un irresponsable Cyril, tu fais du mal à la France, tu fais monter le racisme et on a même pas le droit de critiquer Bolloré sur ta chaîne", avait rétorqué Louis Boyard.

Déjà des sanctions dans le passé

La séquence a été signalée à l'Arcom notamment par Mathilde Panot, la présidente du groupe La France insoumise à l'Assemblée nationale dénonçant "le vocabulaire violent" utilisé par Cyril Hanouna et s'en prenant à l'irrespect, selon elle, des droits fondamentaux que sont la liberté d'expression et d'opinion.

La décision de l'Arcom de saisir un régulateur indépendant du Conseil d'Etat s'appuie sur "des mises en demeure déjà prononcées par le passé à l'égard de C8", note l'autorité dans un communiqué.

Ce dernier va, dans un premier temps, examiner s'il y a lieu d'instruire une procédure de sanctions. Si oui, dans le cadre d'une procédure contradictoire, il examinera la séquence et établira des recommandations à destination de l'Arcom. Les membres de l'autorité seront alors libres de suivre ou non ces recommandations.

La chaîne risque une mise en demeure, une amende, ou encore la suspension des séquences publicitaires. La sanction la plus lourde étant l'interdiction de l'autorisation d'émettre, c'est-à-dire l'arrêt pur et simple de l'émission.

Par la loi du 30 septembre 1986, l'Arcom (ex-CSA) a notamment pour obligation de veiller au respect de "l'honnêteté, l'indépendance et le pluralisme de l'information et des programmes qui y concourent". Alors que des séquences de Touche pas à mon poste sont régulièrement signalées à l'Arcom, la chaîne C8 a notamment été l'objet d'une mise en garde en 2016 après que Cyril Hanouna a insulté l'un de ses chroniqueurs. En 2007, la chaîne a été sanctionnée d'une amende de 3 millions d'euros pour la diffusion d'une séquence jugée homophobe.

En parallèle, la justice va également se pencher sur cette affaire. Deux plaintes ont en effet été déposées. L'une par Louis Boyard pour "injures publiques envers une personne dépositaire de l'autorité publique" et l'autre par Cyril Hanouna pour "diffamation".

Article original publié sur BFMTV.com