Alstom : l'Etat doit mettre General Electric à l'amende

Libération.fr
General Electric s'apprête à dépecer son empire via des cessions d'actifs et des milliers de suppressions d'emplois.

En matière d’emploi, les promesses des world companies n’engagent que ceux qui les reçoivent. Les salariés en font systématiquement l’amère expérience. Aussi, le parjure du géant General Electric, qui s’était engagé à créer 1 000 emplois nets en France d’ici 2018 lors du rachat de la branche énergie d’Alstom il y a trois ans, ne surprendra que les grands naïfs. Jeudi matin, le big boss de GE, John Flannery, a annoncé sans surprise au ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, que son groupe ne respecterait pas sa promesse : arguant d’un «environnement difficile» dans le secteur de l’énergie, il a évoqué un objectif «hors d’atteinte» pour son groupe. A ce jour, GE n’a créé que 323 emplois nets dans l’Hexagone. Et le compteur n’est pas prêt de grimper. Le conglomérat américain est plutôt en train d’élaguer à la hache ses effectifs : il vient d’annoncer la suppression de 12 000 emplois dans le monde. Or la France «a été épargnée par les restructurations menées ailleurs» par GE, a pris soin de rappeler Flannery. Alors «[s’il] n’a pas été possible de réaliser autant d’embauches que prévu», les Français peuvent tout de même s’estimer heureux, comprend-on à la lecture du communiqué diffusé par Bercy.

Mais dans les faits, Bruno Le Maire peut l’avoir mauvaise, lui qui déclarait encore en octobre que GE était «en ligne avec les engagements pris». Notre ministre s’est manifestement fait enfumer par l’américain. L’annonce, en plein cœur de l’été 2017, d’un plan social prévoyant 345 suppressions de postes (sur 800) dans l’usine GE Hydro de Grenoble aurait évidemment pu alerter le ministre français. Mais passons.

Aujourd’hui, Le Maire «regrette vivement» que Flannery ne tienne pas ses promesses de création d’emplois. Et il lui demande de prendre «toutes les dispositions nécessaires» pour «veiller à la concrétisation» des engagements pris par GE… ou à défaut «s’y conformer au mieux». On connaît déjà la fin de l’histoire : l’américain ne créera jamais les 1 000 emplois promis en (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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