Alpinistes français disparus dans l'Himalaya: ce que l'on sait

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Des sommets de l'Himalaya (photo d'illustration) - AFP - BFMTV
Des sommets de l'Himalaya (photo d'illustration) - AFP - BFMTV

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Des recherches sont toujours en cours pour tenter de retrouver trois jeunes alpinistes français qui ont disparu le 26 octobre dernier alors qu'ils gravissaient des sommets vierges de l'Himalaya. Ils étaient partis le 30 septembre dans la région du Khumbu, au Népal, afin de faire l'ascension de plusieurs sommets proches du mont Ama Dablam (6814 mètres), des montagnes qui sont rarement escaladées.

Ils sont officiellement portés disparus et les secours continuent de les chercher même s'ils ont peu d'espoir. BFMTV.com fait le point sur la situation.

· Qui sont les trois alpinistes disparus?

Le groupe d'alpinistes disparu est composé de Gabriel Miloche, 27 ans, originaire de Briançon, Louis Pachoud, 27 ans, originaire de Chambéry, et de leur coach de 34 ans, Thomas Arfi, originaire de Nice. Ils sont tous les trois décrits comme des alpinistes chevronnés.

Thomas Arfi, qui dirigeait le groupe, est membre de la compagnie des Guides du Mercantour, basée à Saint-Martin-Vésubie, dans les Alpes-Maritimes. Il est passé par l'École nationale de ski et d'alpinisme en 2008.

· Étaient-ils préparés?

Les trois disparus faisaient partie d'une équipe de 8 au départ qui s'est séparée en deux groupes de 5 et 3 personnes. Les alpinistes ont entamé leur ascension mardi dernier, avec à leur actif une journée de repérage visant à évaluer les conditions d'enneigement et à vérifier la météo. L'escalade de ce sommet, jamais gravi, devait durer quatre jours. Ils font partie d'une équipe d'alpinistes de haut niveau, le Groupe Excellence Alpinisme National (GEAN).

Depuis sa création en 1991, le GEAN a formé plusieurs générations d'alpinistes français. C'est de ses rangs que sont sortis Lionel Daudet, qui a gravi certaines des parois les plus difficiles du monde et exploré l'Antarctique avec la navigatrice Isabelle Autissier, ou encore l'alpiniste Élisabeth Revol, rescapée in extremis début 2018 d'une expédition hivernale sur le Nanga Parbat au Pakistan.

D'après Nicolas Raynaud, président de la Fédération française des clubs alpins et de montagne (FFCAM) interrogé sur BFMTV, les jeunes hommes "sont très très bien expérimentés," et leurs "contacts étaient plutôt bons".

Ces alpinistes, "sont des gens qui ne prennent pas les décisions à la légère (...) Il y avait eu un très gros travail de préparation, de repérage sur site" à la jumelle, souligne-t-il. Cependant, "c'est de l'alpinisme de très haut niveau donc forcément la part de l'aléatoire est encore plus importante", explique-t-il.

· Que s'est-il passé?

Mardi 26 octobre, ils entament l'ascension d’une goulotte qui se déroule sur la gauche de la face ouest du Mingbo Eiger. À 17h11, ils envoient, via leur téléphone satellite, un SMS enthousiaste depuis leur bivouac à l’autre partie du groupe, selon la FFCAM. Ce message sera leur dernière communication.

L'accident serait survenu le lendemain, lors de la descente du sommet. Un hélicoptère affrété par la Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne a effectué une reconnaissance samedi.

Dimanche, la Kailash Helicopter Services, une compagnie d'hélicoptère qui organise des missions de sauvetage au Népal, a survolé la zone. Les photos prises montrent des affaires (sacs, tentes) dans la neige, ainsi que les traces d’une avalanche de grande ampleur.

Ces reconnaissances ont permis de localiser leurs traces jusqu’à 5900 m sur l’arête qui mène au sommet. Les Français sont ensuite redescendus par le chemin qu'ils avaient emprunté lors de leur ascension.

Le responsable du GEAN Stéphane Benoist, qui se trouve sur place, a donné des précisions sur BFMTV ce lundi matin.

"Ils ont déclenché une première avalanche et ensuite, ils sont redescendus sur 300 mètres donc la première avalanche a été absolument sans conséquences. Ils l’ont très bien gérée, ils ont fait le choix de renoncer, ça c’est très clair. Par contre, la part de mystère c’est ensuite, quand ils sont redescendus sur la paroi (…) en rappel, il s’est passé quelque chose que, pour l’instant, on n’explique pas, qui fait qu’ils sont tombés en bas de la paroi", détaille-t-il.

· A-t-on l'espoir de les retrouver?

Stéphane Benoist se montre pessimiste.

"Le pilote a vraiment fait le boulot, il s'est posé à leur camp, il a remonté toute la goulotte à l'hélicoptère, il a descendu toute la chute, il a trouvé le matériel en bas... Donc, pour nous là, l'histoire elle est écrite. On parle pas de disparus mais de décédés", explique-t-il. "Il y a leur matériel au pied de la paroi. Ils sont tombés en bas de la paroi et la neige les a recouverts", précise-t-il ce lundi matin. 876450610001_6279738365001

Les recherches ont repris ce lundi matin. "Nous avons envoyé une équipe de 5 guides de montagne très expérimentés. Ils sont en route et démarreront les opérations de recherche", explique le président de l'association nationale népalaise des guides de montagne, Ang Norbu Sherpa. Tarka Raj Pandey, directeur adjoint de la police affirme qu'un officier de liaison a été dépêché sur place afin d'évaluer la situation.

Mais Éric Mesnier, ancien membre de peloton de gendarmerie de haute montagne, explique que "tout est beaucoup plus complexe" dans cette zone pour les secours.

"Les altitudes sont complètement hors norme par rapport à ce qu’on peut vivre en France et en Europe, on a des vallées gigantesques, le temps de vol d’un hélicoptère est triplé voire quadruplé." De plus, "ça reste une face qui n’a jamais été parcourue donc amener des secouristes à l’intérieur, ce n’est absolument pas anodin", détaille le spécialiste des secours en montagne sur notre antenne.

Article original publié sur BFMTV.com

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