Alphonse Areola, un gardien finalement taillé pour le PSG ?

LIGUE 1 – Auteur d’un match remarqué contre Bordeaux, le portier du PSG achève une saison pleine, pendant laquelle il n’a eu de cesse de répondre sur le terrain à toutes les critiques.

Qu’il est réconfortant de constater que malgré les impressions, les critiques et les choix d’un coach, un joueur du Paris Saint-Germain n’est jamais vraiment condamné à son statut d’éternel remplaçant.

Alphonse Areola, lui, arrive au terme d’une saison durant laquelle il a déjoué tous les pronostics.
En devenant le titulaire indiscutable d’Unai Emery en championnat, déjà, alors que le coach basque semblait disposé la saison passée à installer une rotation infernale entre ses deux gardiens Kevin Trapp et Alphonse Areola, jonglant tour à tour entre celui qui tremblerait le moins. Un coaching pas vraiment fructueux pour une défense parisienne en mal de repères.

Et puis, Aréola a surtout été à la hauteur de la responsabilité qui lui a été confiée. Le tout jeune titi parisien, qui se rêvait encore titulaire il y a quelques années, avait enchainé les prêts à Bastia, Lens ou encore Villarreal, avant de revenir la saison dernière, sous l’impulsion d’Emery. Et force est de constater que depuis qu’il a été installé dans son rôle de titulaire, le jeune portier a abandonné les erreurs, se montrant même plutôt décisif pour son équipe.


C’était d’ailleurs le cas ce dimanche soir, pour le déplacement des Parisiens à Bordeaux. Pas franchement à l’aise sur la pelouse des Girondins, les hommes d’Unai Emery n’ont pas brillé dans le domaine offensif, mais ont pu compter sur leur solide gardien pour les sortir de la panade. Auteur d’une prestation remarquable, Areola a repoussé une à une toutes les tentatives bordelaises, à coup de parades et d’arrêts réflexes, endossant le rôle que l’on attendait tant de lui : être impérial pour sauver son équipe, quand les joueurs de champ en sont incapables. Durant ces 90 minutes inhabituellement intenses pour lui, il a réalisé pas moins de huit arrêts, un record pour un portier du PSG depuis Sirigu en 2011. Logiquement, il a d’ailleurs été élu homme du match au terme de la rencontre (0-1).

« Areola ? pff… Il a été énorme. Il a été le meilleur joueur du match, il a fait ce qu’il fallait pour faire son match. Il a fait beaucoup d’arrêts. Et parfois, on peut frapper 25 fois, si le gardien est aussi présent, il faut faire encore mieux », a concédé Malcolm, malheureux perdant face à Areola.

« Mon opinion, c’est qu’il a fait un grand match aujourd’hui. L’exigence était importante et c’était important de se montrer et d’avoir de la confiance. Mais mon opinion n’a pas changé, il a progressé, il a grandi dans le centre de formation du PSG, il est très impliqué dans cette équipe, il peut progresser et être plus performant mais je suis très content de lui et je crois que le club aussi. Après, je ne sais pas ce qu’il se passera l’année prochaine mais c’est vrai qu’il a beaucoup progressé », a d’ailleurs commenté Unai Emery, tandis que le n°16 se félicitait lui aussi de sa saison, déclarant : « Je marque des points depuis le début, je fais ma saison tranquillement. Je bosse et on verra à la fin.»

Aujourd’hui, ce n’est pourtant plus une surprise. Auteur d’une première saison réussie en tant que titulaire dans les cages franciliennes, Areola a aussi répondu présent en Ligue des Champions. Une compétition dans laquelle le PSG montre ses limites, et durant laquelle le gardien est souvent pointé du doigt. Combien de fois avez-vous déjà entendu « pour gagner en C1, Paris aura besoin d’un grand gardien » ? Cette saison, Areola a répondu par la réalité du terrain.

Incroyable en phase de groupes, et notamment contre le Bayern, il n’avait encaissé que quatre buts sur les 10 premiers matches de l’exercice. Solide face au Real Madrid avant de céder comme sa défense les dix dernières minutes, Areola n’a pas démérité durant cette campagne pourtant très critiquée.

Et puis, le portier a également été à la hauteur dans tous les domaines où il était attendu : amélioration de son jeu au pied, prises de balles plus ferme, et regain de confiance pour anticiper les tirs. Est-ce le résultat du changement de coach des gardiens, passant de Nicolas Dehon à Javi Garcia, où est-ce la fin de la rotation entre gardiens ? Les raisons sont sûrement multiples pour expliquer les progrès d’Areola, au-delà même du simple fait que le jeune Francilien n’a que 25 ans, et poursuit son apprentissage dans la capitale.

A l’heure où le PSG va commencer à se projeter sur le marché des transferts, et alors que l’avenir d’Areola est incertain dans la capitale (il ne dispose plus que d’un an de contrat) le match contre Bordeaux donne en tout cas une bouffée d’air frais à ses admirateurs. Dans ce genre de match, Areola sait désormais se montrer indispensable, et c’est ce qu’on est en droit d’attendre d’une équipe XXL, taillée pour que des références mondiales subliment chaque poste.

A seulement 25 ans, il dispose encore d’une belle marge de progression, et force est de constater qu’il a toujours su digérer les salves de moqueries parfois violentes, se forgeant dans la pression. Sans jamais manifester le moindre signe d’impatience ou d’agacement. Comme une main de velours dans des gants de fer.
Sans parler de l’équipe de France où, derrière les deux trentenaires Lloris et Mandanda, Areola a fait son chemin, après avoir été titulaire en sélection U17, U18, U19, U20 (champion du monde) et U21. Aujourd’hui, il apparait comme le seul héritier de ce niveau à pouvoir assurer la relève tricolore. Une vitrine non négligeable pour le PSG.

Et si, aujourd’hui, plutôt qu’aller chercher ailleurs à coup de centaines de millions, on laissait au titi parisien en devenir l’un des emblèmes de la formation rouge et bleu ?

« A partir du moment où je fais mon travail, où je suis performant, les choix ne viendront pas de moi. Si le club cherche à prendre quelqu’un, ce sera leur choix. Mais s’ils souhaitent que je reste là, ce sera aussi à eux de voir. Et si on annonce quelqu’un ici, ça va encore plus me motiver. On n’est pas pressé des deux côtés, on va tranquillement attendre que les objectifs soient atteints et on verra.  Bien sûr, si j’ai l’opportunité de rester ici et de m’affirmer ici, je continuerai. Je suis à la maison, ici, pourquoi partir ? », avait en tout cas lancé le principal intéressé il y a quelques jours auprès de l’AFP. Comme un ultime message d’amour au club de la capitale.

Ambre Godillon

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