Alpha Condé : «Je ne suis pas soumis au jugement des ONG occidentales»

Libération.fr

Il glisse avec un sourire que le Libération qu’il a connu dans sa jeunesse parisienne, et auquel il dit avoir contribué, «a bien changé». «On faisait des articles en commun, entre gauchistes : maoïstes, trotskistes, le débat était très libre.» Alpha Condé, 79 ans, a lui aussi changé. L’ancien opposant, président de la Guinée depuis 2010, a reçu des journalistes mardi, dans un hôtel de luxe de Paris. Avant d’écourter l’entretien pour filer dîner à l’Elysée.

Quel regard portez-vous sur la politique africaine de François Hollande ?

Il a permis qu’on tourne une page dans l’histoire des rapports franco-guinéens. Le symbole de ce changement, c’est le drapeau guinéen qui flotte aujourd’hui [pendant la visite d’Etat, ndlr] sur les Champs-Elysées ou sur les bâtiments officiels français. Quand on connaît les péripéties depuis 1958, c’est pour moi tout un symbole. Nous allons regretter Hollande. Je pense particulièrement à la crise que la Guinée a traversée avec Ebola. Le président français est venu lui-même dans un hôpital où étaient soignés les malades. Ce fut un signal fort.

Quelles traces a laissées Ebola en Guinée ?

Ebola nous a traumatisés. Non seulement l’épidémie a mis à terre tous nos efforts économiques, mais elle a aussi atteint notre culture. Nous sommes habitués à laver les morts, parfois à les embrasser. Des pratiques qui facilitent la transmission. Il a fallu lutter contre nos propres traditions, et cela aussi est traumatisant. Mais Ebola nous a amenés à prendre conscience de l’état de notre système de santé, qui n’était pas performant. Nous devons développer nos propres laboratoires, produire en Afrique nos propres vaccins, pour ne plus être dépendants. L’Institut Pasteur de Conakry, actuellement en construction grâce à la coopération avec la France, est un premier pas dans ce sens.

En février, des lycéens ont été tués au cours de manifestations à Conakry. L’ONU et des ONG déplorent la persistance des violences politiques en Guinée. Qui est responsable ? Les (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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