Almeida, parce qu’il le vaurien

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C’est un roman qui se réclame d’une telle désinvolture que non seulement l’auteur semble toujours redouter que l’histoire n’ennuie son lecteur, mais aussi qu’elle ne l’ennuie personnellement. Il n’y a pourtant rien à craindre : Histoire d’un vaurien (dont la précédente édition était titrée, conformément au titre original, Mémoires d’un sergent de milice) est on ne peut plus amusant, conformément à sa nature de roman-feuilleton (il parut dans la presse brésilienne en 1852) et est l’unique œuvre de Manuel Antônio de Almeida, né à Rio en 1831 et mort en 1861. Voyons donc comment l’auteur traite son personnage dès le deuxième chapitre : «Passons sur les premières années de la vie de notre héros sans nous y attarder et allons le retrouver à l’âge de sept ans.» Chapitre XI : «Maintenant que nous avons fourni les explications du chapitre précédent, revenons à notre héros que nous avons failli oublier.» Chapitre XVIII : «Nos lecteurs doivent être fatigués de toutes ces histoires d’espiègleries. Ils connaissent déjà l’enfance de notre héros et les espoirs qu’il inspirait pour l’avenir./ Sautons donc quelques années pour voir ce que ces espoirs sont devenus.» Le temps ayant passé, sont évoquées les évolutions de certains protagonistes. Puis cette phrase qui facilite la vie de l’auteur et des lecteurs : «Les autres personnages demeurèrent les mêmes.» Auparavant, on avait déjà rencontré «un projet dont nous informerons nos lecteurs au moment de sa réalisation, si par hasard ils ne l’avaient pas déjà deviné». Après la mort d’un mauvais mari : «A cette époque-là [l’intrigue débute dans les premières années du XIXe siècle, ndlr] ni les oraisons funèbres, ni les nécrologies, aujourd’hui si fréquentes, n’étaient encore à la mode. C’est autant de gagné pour nos lecteurs.»

Dans sa postface, Samuel Titan montre comment Leonardo, le «vaurien», est «un avatar du trickster, ce héros rusé qui sait échapper au destin, à renfort de mauvais coups et de fourberies. […] Ainsi naît le malandro, (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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