Alma observe sa plus vieille galaxie poussiéreuse connue à ce jour

Laurent Sacco, Journaliste

Le prix Nobel de physique James Peebles a été un des pionniers de la théorie de la formation des galaxies. Mais toute théorie se nourrit d’observations et doit sans cesse être soumise à des tests pour tenter de la réfuter afin de devenir une théorie scientifique, comme nous l’a appris le philosophe des sciences Karl Popper. Encore faut-il avoir des moyens de faire des observations. Lorsqu’il s’agit de comprendre la formation et l’évolution primitives des galaxies, des instruments de plus en plus performants sont nécessaires pour remonter loin dans le passé.

On attend beaucoup de la mise en service du successeur de Hubble, le télescope spatiale James-Webb. Il devrait permettre de révéler de jeunes galaxies alors que le cosmos observable avait quelques centaines de millions d’années, et que ces galaxies devaient être alimentées en matière par des courants froids.

En attendant ce jour prochain, les cosmologistes et les astrophysiciens peuvent compter sur les données fournies par le réseau d’antennes de l’Atacama Large Millimeter/submillimeter Array (Alma). Il forme un radiotélescope géant installé dans le désert d'Atacama dans le nord du Chili, observant dans le domaine des ondes millimétriques. Comme les astrophysiciens l’expliquent dans un article disponible en accès libre sur arXiv, Alma a permis de former une image d’une galaxie très massive et surtout très poussiéreuse, et la plus éloignée sans avoir bénéficié de l’effet grossissant d’une lentille gravitationnelle.


Une présentation d'Alma. Pour obtenir une traduction en français assez fidèle, cliquez sur le rectangle blanc en bas à droite. Les sous-titres en anglais devraient alors apparaître. Cliquez ensuite sur l'écrou à droite du rectangle, puis sur « Sous-titres » et enfin sur « Traduire automatiquement ». Choisissez « Français ». © European Southern Observatory (ESO)

La galaxie en question est vue telle qu’elle était seulement 970 millions d’années après le Big Bang. Dans les catalogues des chercheurs elle...

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