Allocation adulte handicapé : le nouveau calcul « favorise les familles aisées »

Thomas Mesnier, député (Horizons) le 21 juin 2022.  - Credit:BERTRAND GUAY / AFP
Thomas Mesnier, député (Horizons) le 21 juin 2022. - Credit:BERTRAND GUAY / AFP

Pour une fois qu'ils étaient d'accord… Il n'aura manqué qu'une seule voix pour que l'unanimité soit – le temps d'un vote tout du moins – totale à l'Assemblée nationale. Cette voix, c'est celle du député de la Charente Thomas Mesnier (Horizons), qui a refusé de voter la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé (AAH), un amendement qui prévoit que les revenus d'un conjoint ne soient plus pris en compte pour le calcul de l'allocation. Voulant s'affranchir du stade de l'émotion qu'a suscitée cette mesure lors des débats, sous cette législature comme sous la précédente, il avance des arguments qui méritent d'être étudiés. Interview.

Le Point : Vous avez voté contre le seul texte qui a fait consensus depuis le début de cette législature : la déconjugalisation de l'allocation adulte handicapé (AAH). Pourquoi ?

Thomas Mesnier : Avant toute chose, que l'on ne vienne pas me faire de procès d'intention ou caricaturer ma position. J'ai été rapporteur général de la commission des Affaires sociales dans la précédente législature, j'ai porté l'amendement qui a permis la création de la cinquième branche de la Sécurité sociale visant à l'autonomie. J'ai parfaitement conscience qu'il y a des injustices à résoudre, simplement, je considère qu'on y répond d'une mauvaise façon. D'abord sur la forme : nous examinions un projet de loi d'urgence pour redonner du pouvoir d'achat aux Français face à l'inflation, un texte conjoncturel, dans lequel on a introduit une mesure q [...] Lire la suite

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