Allemagne: Le SPD imagine un gouvernement post-Merkel sans les conservateurs

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ALLEMAGNE: LE SPD IMAGINE UN GOUVERNEMENT POST-MERKEL SANS LES CONSERVATEURS

BERLIN (Reuters) - Encouragé par les résultats des deux élections régionales de dimanche en Allemagne, marquées par une lourde défaite des conservateurs, le Parti social-démocrate (SPD) se verrait bien former un gouvernement sans l'Union chrétienne-démocrate (CDU) à l'issue des élections fédérales de septembre, en profitant du départ annoncé de la chancelière.

Privée du "bonus Merkel" qui a permis au CDU et au CSU, son parti frère bavarois, de remporter les quatre dernières élections fédérales, les conservateurs ont été nettement battus lors des élections régionales qui se tenaient dans le Bade-Wurtemberg et la Rhénanie-Palatinat.

"Il est possible de gouverner l'Allemagne sans que le CDU/CSU soit présent au gouvernement. Ce message est désormais clair", a déclaré Olaf Scholz, le candidat du SPD au poste de chancelier et actuel ministre fédéral des Finances, lors d'une conférence de presse organisée lundi.

Le président de la CDU, Armin Laschet, qui espère succéder à Angela Merkel au poste de chancelier, a jugé les résultats de son parti "décevants", y voyant le signe que le gouvernement doit améliorer sa gestion de la crise sanitaire.

Les résultats de ces élections régionales pourraient ouvrir la voie à une nouvelle alliance dans le Bade-Wurtemberg entre les Verts, le SPD et les libéraux-démocrates du FPD, une coalition rouge-jaune-vert en forme de feu tricolore (Ampel-Koalition).

Cette coalition est déjà aux commandes dans le Land voisin de Rhénanie-Palatinat et pourrait être reconduite.

"Je pense qu'une coalition en feu tricolore est concevable au niveau fédéral", a déclaré le secrétaire général du SPD, Lars Klingbeil, à la chaîne de télévision allemande Phoenix. "Nous avons maintenant besoin d'une alliance pour l'avenir de ce pays, et je pense que c'est possible avec le FDP."

"LE SEUL ESPOIR DU SPD"

Les libéraux allemands du FDP, désormais le troisième parti du Bade-Wurtemberg, n'ont pas voulu se prononcer sur leur éventuel rôle de faiseur de roi dans un gouvernement fédéral.

Volker Wissing, le secrétaire général du FDP et le ministre de l'économie de Rhénanie-Palatinat, a expliqué à la chaîne de télévision ARD que les résultats à l'échelle régionale n'étaient pas forcément réplicables au niveau fédéral.

Pour Armin une "Ampel-Koalition" au niveau national est peut-être "le seul espoir" du SPD. "Je ne pense pas que ce soit l'objectif principal des Verts et du FDP", a-t-il ajouté.

Le bloc conservateur CDU/CSU de Angela Merkel et les sociaux-démocrates du SPD gouvernent au niveau fédéral depuis près de huit ans. Cette "grande coalition" qui réunit les deux partis historiquement dominants de l'Allemagne d'après-guerre est vue par le SPD comme un mal nécessaire.

De son côté, le bloc CDU/CSU voit les libéraux du FDP comme un partenaire plus naturel au niveau national, mais les sondages d'opinion indiquent qu’ils ne disposent actuellement pas du soutien nécessaire pour pouvoir former une telle alliance.

Selon une enquête nationale publiée le 10 mars par l'institut de sondage Forsa, le bloc CDU/CSU est en tête des intentions de vote avec 33%, les Verts arrivent en deuxième position avec 18%, suivis par le SPD avec 16%, le parti d'extrême droite AfD avec 10% et enfin le FDP et le parti d'extrême gauche Die Linke avec respectivement 8%.

(Holger Hansen et Paul Carrel, version française Laura Marchioro)