Allemagne: le scandale Wirecard coûte sa place au patron fondateur

C'est un scandale financier de poids qui secoue l'Allemagne. La société Wirecard, un intermédiaire pour des paiements électroniques, est au bord du gouffre et est accusée de fraudes massives qui pourraient remettre en cause l'existence de l'entreprise. Son fondateur a été contraint à la démission.

De notre correspondant à Berlin, Pascal Thibaut

Markus Braun est un amateur d’opéra. Le parcours du fondateur de Wirecard livrera peut-être un jour la matière pour une mise en scène sur le destin d’un fondateur de start-up dont l’ambition et les pratiques ont débouché sur un scandale financier majeur. Wirecard nait en 1999 et sert au départ d’intermédiaire pour des paiements en ligne pour des sites pornos et jeux. Deux décennies plus tard, l’entreprise est adoubée et est intégrée au Dax, l’indice de l’élite boursière allemande. Avec 6 000 salariés et 26 succursales dans le monde, Wirecard est devenu un prestataire de poids pour les paiements en ligne et veut un jour devenir un acteur mondial.

Des publications dans la presse sur des fraudes viennent tout d’abord égratigner l’image de l’entreprise. Un cabinet d’audit doit tirer les choses au clair mais son enquête aboutit au résultat inverse. Un quatrième report de la présentation du bilan 2019 est annoncée jeudi. En cause, une fraude de près de deux milliards d’euros dont l’existence n’est pas claire. L’action Wirecard a plongé. Vendredi après-midi, la direction affirmait mener des « discussions constructives » avec ses banques. Le fondateur de l’entreprise, Markus Braun, a démissionné. Le livret de cet opéra financier s’achève par la chute de son héros.