Allemagne: le rail confronté à une nouvelle grève massive

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Train ICE passant à Francfort, en Allemagne le 11 août 2021

Le syndicat des conducteurs de trains de la Deutsche Bahn, l'opérateur public ferroviaire allemand, a appelé vendredi à une nouvelle grève, qui touchera le trafic passager lundi et mardi prochains, après un mouvement très suivi la semaine dernière.

La mobilisation, qui vise à peser sur les négociations salariales en cours, doit débuter à 17H00 locales samedi (15H00 GMT) sur le transport de marchandises avant d'être élargie lundi à 02H00 du matin (00H00 GMT) pour 48 heures à l'ensemble du réseau, a indiqué le chef du syndicat GDL des conducteurs, Claus Weselsky, lors d'une conférence de presse.

Elle viendra peser sur une saison touristique estivale déjà difficile et devrait perturber davantage les chaînes d'approvisionnement, déjà sous tension en raison d'une pénurie de matériaux, notamment de semi-conducteurs.

Deutsche Bahn prévoit que seulement "près de 25%" des trains longue-distance circuleront sur les deux journées de grève, une proportion similaire à celle de la grève la semaine denrière. Sur les trains régionaux et urbains, l'opérateur public table, comme la semaine dernière, sur 40% de l'offre habituelle avec "de fortes variations" entre les régions.

La première grève, lancée après un vote à 95% en faveur de la mobilisation parmi les membres de GDL, avait déjà bloqué de nombreux voyageurs en pleines vacances. A Berlin, les transports en commun avaient été également très perturbés.

"Plus de 9.000 employés", dont les conducteurs mais aussi certains employés d'autres secteurs, avaient cessé le travail, selon GDL.

- Négociations salariales -

Les perturbations, qui pourraient se répéter dans les prochains mois, selon GDL, interviennent alors que Deutsche Bahn prévoyait déjà des pertes colossales cette année en raison de la pandémie de coronavius et des mesures de confinement.

L'origine du mouvement social est l'échec de négociations salariales sur la prochaine convention collective entre la direction et le syndicat, notamment en ce qui concerne les augmentations de salaires.

GDL demande une hausse de 1,4% et un bonus de 600 euros cette année et une augmentation de 1,8% en 2022. Les conducteurs dénoncent également une baisse de 50 euros par mois de leurs pensions de retraite complémentaire.

Deutsche Bahn a proposé 1,5% en 2022 et 1,7% en 2023, demandant un délai supplémentaire "pour affronter les dommages" du Covid-19.

L'attitude de la Deutsche Bahn "entraîne directement l'immobilisation des trains", a lancé M. Weselsky, accusant le groupe public de n'avoir fait "aucune concession" dans les négociations.

Dans un communiqué, la direction de la Deutsche Bahn "déplore" les grèves annoncées, qui représentent "une charge complètement inutile pour les passagers et les clients du fret", et accuse GDL de ne pas avoir le "courage de revenir à la table des négociations".

Le président de la fédération patronale de l'industrie, BDI, Siegfried Russwurm, a également condamné la grève qui envoie un "mauvais signal au mauvais moment".

"Une interruption des chaînes d'approvisionnement en raison de grèves prolongées (...) met en danger la reprise de l'économie après la pandémie", explique la fédération industrielle, estimant que la chimie, l'automobile et la métallurgie seraient parmi les branches les plus touchées.

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